
Oui, par moments, la jalousie me ronge d’une manière alarmante. Chose dont j’ai honte et dont je me cache. J’essaye de combattre ce vice, l’un de mes principaux, qui me consume petit à petit, mais ce n’est pas chose aisée. J’aimerais, parfois, que lui aussi soit touché par cela… Ainsi, peut-être ma relation avec Jeffer aurait-elle eu un quelconque impact…
J’ai honte, soudainement, très honte de ces pensées. J’ai conscience de me servir de Jeff, et je me trouve méprisable. Le pire est que je m’en rends compte, et que je ne fais rien… Y a-t-il plus pathétique au monde ? Pourtant, je ne souhaite pas faire le moindre mal à ce jeune homme que j’apprécie tout de même plus que la moyenne… Et j’espère ne jamais lui en faire. Mais de toute façon, pourquoi serait-ce le cas ?
A cette époque, je ne pensais pas qu’il m’aimait.
Clint pousse un profond soupir lascif. Je tente de cacher la tendresse dans mes yeux.
- Et bien, je t’ai connu plus en forme !
- Tu me serres dans tes bras ? Demande-t-il soudainement avec un sourire absolument craquant.

Et bien, que lui arrive-t-il ?! Mon meilleur ami n’est pas du genre câlin… Il doit sérieusement être fatigué. Néanmoins, je me réjouis de cette demande. Et bien que je sache pertinemment qu’il n’a aucune intention cachée, bien que je sache pertinemment qu’il l’aime toujours, je ne peux faire tarir cette note d’espoir qui m’assaille. S’il savait à quel point je m’enivre, et son approche…
Je me glisse sur ses genoux qu’il m’offre, et l’entoure de mes bras tandis qu’il me serre fort également. Je crois que sa maladie est amplifiée par une certaine nostalgie qu’il n’ose pas avouer. La nostalgie des beaux jours heureux. Ceux qui sont partis.
Je connais son odeur, et pourtant ne m’en lasse pas. Un parfum très spécial qui inspire à la fois confiance et distance. Il a le don pour mêler deux sentiments bien différents en lui-même.

Se passe alors ce que je redoute et attends d’un autre côté. Je me laisse emporter. Je promène très doucement mes mains dans son dos, et bouge mon visage. Sa bouche est là, à quelques millimètres de la mienne… Je me rapproche un peu plus, j’entre en contact avec elle… Ses lèvres sont douces, encore plus douces que dans mes fantasmes.
Mais tout cela ne dure qu’une fraction de seconde. Je me vois brusquement rejetée. Sans réelle méchanceté, plutôt par surprise.
- T… Tess… Bégaie-t-il.
Je baisse les yeux, penaude. Je n’aurais jamais dû… Le vase s’est brisé sur le sol, et il est trop tard pour en recoller les morceaux.
- Je t’aime… Je murmure alors.

C’est à cet instant que je commets la deuxième plus grosse erreur de ma vie. La première fut de tomber amoureuse de lui. La deuxième fut de le lui avouer.
Il me regarde, ahuri, se lève, et s’en va, trop étonné pour dire quoi que ce soit.
Quelle idiotie que de s’éprendre d’un homme dont le cœur est éternellement prit par une autre…













x___x
La pauvre, je comprend ce qu'elle ressent, faut de longuessss années pour sortir de cette spirale infernale...