
Flash back
Mes traits trahissent sans doute mes souvenirs du moment. Mais après tout peu importe, puisqu’au moment présent, je me trouve à des mois de cela…
J’entre dans un studio qui n’a pas changé depuis. Les couleurs sont claires et figées. La nuit tombe bientôt. Mon angoisse tombe bientôt.
A l’encontre de Lyra, je n’ai jamais réussi à me sentir en sécurité dans le noir. J’aime la rassurante lumière du jour, j’aime l’éclat et la brillance, pas cette obscurité effrayante. Je remarque sur la table de l’ordinateur, un verre à moitié remplit d’eau, ainsi qu’une boîte d’aspirine vide. Fronçant les sourcils, je me dirige vers le salon.

Et c’est là que j’y découvre Clint, affalé sur le sofa. Son expression trahit une profonde amertume qui ne le quitte plus depuis qu’elle est partie, mêlée à un certain aspect chétif qui en revanche ne lui est pas habituel.
Je le regarde, me demandant à quel moment il prendra conscience de ma présence, ce qui ne semble apparemment pas urgent. Je finis par comprendre qu’il nage dans un état second, et que sans mon aide, il ne le quittera pas de si tôt. Je me dirige vers lui et m’accroupis devant son visage encore plus pâle que d’ordinaire. A cet instant là, il me voit enfin.
- Salut, je lance doucement.
-Mm… Répond-t-il en grognant.

Sa voix cassée m’interpelle. Il semble enroué, maladif, et j’en suis étonnée. Clint est réputé pour être immunisé de toute sorte de maladies. Il se relève avec peine, et me permet de m’asseoir à côté de lui. Je le regarde, plus anxieuse que je ne le devrais. Mon cœur bat très fort, comme toujours lorsqu’il est si près. Je joue à un jeu dangereux, en m’accrochant tant à lui, mais c’est une tentation trop forte.
- Tu as attrapé froid ? Je demande stupidement l’évidence.
- Ouais, grogne-t-il de cette même voix cassée. Et pas qu’un peu… Fais chier, merde !
Je ris doucement. Lorsqu’il est dans cet état un peu bougon, je ne peux m’empêcher de le trouver adorable. Il est différent de ces moments où sa froideur l’emporte. En fait, ce roux est des plus lunatiques. Ses colères sont explosives, ainsi que ses sentiments, mais lorsqu’il s’agit de parler d’amour, de peine, de sujets délicats de la vie, il devient glace. C’est pourquoi j’appréhende toujours les conversations sérieuses avec lui, très effrayée par l’idée de dériver sur un sujet délicat. Je me suis habituée à tenir ma langue, lui à côté de moi.

- Pauvre de toi, je me mets à rire gentiment.
Même lui, esquisse un sourire. L’un de ceux qui lui sont si rares. Je me dis sans arrêt que j’ai de la chance d’être considérée comme sa meilleure amie. Clint aime peu de monde. Mais c’est plus fort que moi, j’en veux plus. Je n’ai jamais su me contenter de ce qui m’était donné, c’est sans doute d’ailleurs pour ça que je suis sujette à cet horrible sentiment qu’est la jalousie.













