
– Kendall, il faudrait que je te parle d’un truc, m’avoue-t-il enfin.
- Bien sûr, je réponds du ton le plus encourageant dont je suis capable.
Loin de moi l’idée de le faire sentir encore plus embarrassé. Je devine d’ores et déjà que ce qu’il a à me dire ne sera pas des choses les plus agréables à entendre, et me fais une raison au préalable.
Matt cherche ses mots, ne sachant apparemment pas vers où commencer. Il ouvre la bouche et la referme, sans doute insatisfait de la phrase qu’il a retourné de nombreuses fois dans sa tête.

Je suis pris d’une violente envie de le presser. Quoi qu’il ait à me dire, je risque de vite perdre mon calme s’il passe son temps à hésiter, et pire, tourner autour du pot. Je suis sur le point de lui dire d’aller droit au but lorsque sa voix incertaine se fait enfin entendre.
- C’est pas quelque chose de génial à dire ni à entendre je te préviens… Commence-t-il.
- Accouche, Matt.
- Euh ouais… Tu… Par rapport à Lesley, tu ne trouves pas qu’elle est assez souvent absente ?... Enfin, toujours fourré au bureau…
Je fronce les sourcils, incapable de comprendre où il souhaite en venir.

- Si, mais elle travaille, c’est normal, je réponds d’un ton naturel. Tu crois quoi, que ça va nous éloigner l’un de l’autre ou quelque chose comme ça ?!
Je l’agresse sans le vouloir, mais je suis exaspéré d’avance. Je ne suis pas d’humeur pour supporter une nouvelle tentative de sa part. Matthias reprend instantanément ;
- Non, non pas du tout, mais… Tu ne trouves pas ça bizarre ?
Là, c’est carrément incompréhensible. Que veut-il dire ? Quel est la fonction de cette conversation ? Me faire perdre la tête à m’échiner à comprendre le sens de ses bavardages ? Je fixe le garçon avec une expression sceptique et interloquée. J’ai le forte impression que celui-ci est en train de rougir, au summum de sa gêne.

- Non, je ne trouve pas ça bizarre Matt. Maintenant dis moi ce que tu as en tête et sans détour, s’il te plaît, que ce soit désagréable ou pas, je m’en fous, je survivrai.
Mon interlocuteur se lève impulsivement, peut-être dans l’incapacité de me regarder, puis, se retourne vivement, contredisant mon hypothèse.













