
Kendall
Bientôt dix-huit heures. Je marche en direction du studio des Artyfacts, espérant bien y trouver Sonny que je dois rembourser depuis maintenant trois semaines. Il me semble que l’une de mes sœurs avait laissé entendre que le groupe enregistrerait vers la fin d’après midi, et j’espère sincèrement avoir bien compris.
Je pousse la porte d’entrée, et tombe sur un spectacle intriguant.
Ils sont tous les quatre là, et l’un d’eux se trouve au centre. Le plus grand et fin, un blond extravagant, plié en deux, sur le point de s’avachir sur le sol. Le son qui me parvient de son rire est secoué par une note de pitoyable.
Jake se dirige vers lui et le secoue légèrement par les épaules tout en le ramenant vers son instrument de prédilection. Andreas s’empare de sa guitare, toujours hilare, alors que les autres membres du groupe s’échangent des regards mornes et déçus.
- Il est complètement défoncé, lance une voix un peu blasée derrière moi.

Je fais volte face pour constater qu’un jeune homme brun que j’avais enfin réussi à me sortir de la tête fait son apparition. Matthias est assis sur l’une des chaises encerclant la table de verre et me regarde d’un air sérieux.
- Mais pourquoi t’es ici toi ? Je demande alors, frustré qu’il se montre à chaque fois que je vais quelque part.
- Tu sais t’y prendre pour montrer aux autres qu’ils te dérangent, toi !
Lance alors Matt un peu amer. Je suis venu pour parler vite fait à Jake et Andreas pour le loyer de l’appart, mais mon cher ami blond ne rend pas encore la communication possible, et puis ils n’ont pas fini d’enregistrer.
- Ah.

Depuis notre dernière rencontre, nos liens plus ou moins amicaux de dégradent d’une manière alarmante. Nous ne nous crions pas l’un sur l’autre, mais nous - ou plutôt je - sommes distant. Néanmoins, je trouve cela plus ou moins légitime de ma part.
Une légitimité que je remets en question à chaque fois que je l’aperçois. Le frère adoptif de Jeffer a le don de me faire extraordinairement douter de chacune de mes décisions.
C’est injuste, surtout si je considère le fait que lui ne semble pas du tout sujet à ce genre d’états d’esprit pour le moins exaspérants.













