
Andreas me regarde toujours, une fraction de seconde s’est passé depuis qu’il a tourné son visage en ma direction. Un nouvel imperceptible sourire s’étend alors sur ses lèvres.
Mimique dans laquelle je redoute au préalable une moquerie pourtant habituelle et routinière. Cependant, non. C’est un simple sourire. Sans doute le plus sincère que je ne lui ai jamais vu. Ses yeux ne suivent pas cette très légère démonstration de joie, mais ils ne le font jamais. Je crois bien que personne à part moi ne remarque que le jeune blond est en train d’afficher une expression sereine et exceptionnellement impliquée dans ce qu’elle transmet. Il ne méprise pas les idées et pensées qui l’assaillent, pas en cet instant.
Surprise, je lui rends son sourire d’une façon tout aussi discrète. Je ne me méprends pas. Il ne ressent rien. Seulement, au milieu du néant au milieu duquel se trouve son cœur, une émotion à su survivre jusqu’à se manifester sur sa façade extérieur. Une émotion aussi simple que celle d’avoir envie de sourire.

Brusquement, le charme est rompu. La commissure de ses lèvres s’étend plus largement, et s’animent en suivant le trajet d’une moue narquoise.
- Tu vas bien, Lyra ? Me lance-t-il d’un ton froid et moqueur.
Je quitte mon état de semi-hypnotisée pour le foudroyer du regard. Maintenant, tous les regards sont vers moi, me dévisageant curieusement, cherchant à savoir pourquoi Andreas vient de me poser une telle question. Il l’a fait exprès, évidemment. Il a agit de la sorte pour le simple plaisir de me voir mal à l’aise. La rage monte doucement, faisant bouillonner le sang dans me veines. Ca l’amuse…

Ca l’amuse vraiment, l’embarras des autres, sans oublier leurs souffrances, leurs doutes, leurs peines et leurs angoisses. Les siennes ne l’important plus, il se croit le droit de négliger les nôtres. Comme dans un jeu… Un éternel jeu.
Diable de mes rêves, ange de mes cauchemars… Je ne sais, et ne saurai sans doute jamais, quelle attitude il adoptera envers moi.
- Tout va bien, je grogne entre mes dents.
Sheldon ne s’attarde pas plus sur le sujet, cependant Lindsay lance un regard interrogateur à son frère, tandis que Camilla semble perdue dans ses pensées. Peut-être a-t-elle intercepté notre demie seconde d’intimité… Je me rends compte à quel point elle doit souffrir.

En plus de dépendre de lui, elle l’aime d’une façon que je n’aurais jamais crue possible d’une femme envers un homme. Elle l’aime éperdument, et doit le voir chaque jour jouer avec elle et la rejeter pour aller s’amuser avec d’autres femmes… Cependant, je n’arrive pas à la considérer entièrement comme une victime. Je ne vaux sans doute pas mieux qu’elle, mais je n’ai pas encore aussi mal. Et si un jour, Andreas me rendait de la sorte, je m’en irai. Sans un regard en arrière, le cœur déchiré, certes, mais je partirai pour l’oublier. Je ne serai jamais capable de m’accrocher sans en démordre à une source de souffrance matérielle.

















Mais subliiime