
Lyra
Mon regard alterne. Lentement, il se pose sur les personnes qui m’entourent, toutes lovées dans un canapé ou fauteuil que nous offre le studio d’enregistrement du groupe The Artyfacts. Les deux seules personnes sur qui il ne m’est pas difficile de poser le regard sont un jeune homme aux cheveux noirs, ainsi qu’un couple de futurs mariés, un homme châtain et une rousse, par-dessus tout magnifique, aux iris si noirs et spéciaux qu’ils me rappellent inévitablement le seul être humain que je connaisse à posséder les mêmes.

Cette même personne qui en cet instant se trouve assis non loin de moi, proche, très proche, d’une jolie blonde aux allures angéliques. On en verrait presque l’auréole…
Mais il ne la touche pas. Pourtant, le fait de poser mes yeux sur ce couple occasionnel passant du stade d’amants à amis me fait très mal. Oui, très.
Parce que je me demande ce qui les unit. Une très forte amitié, sans aucun doute. Mais s’il y avait plus ?... Chaque fois que ces deux là couchent ensemble, tout le monde sourit légèrement, et n’y voit qu’une pure et simple partie de jambe en l’air…
Et si tout le monde avait tort ? Si Andreas était réellement amoureux de cette jeune femme si pure et douce ?

Je ne sais pas quoi penser. Sans qu’il ne le sache vraiment, il est devenu mon sauveur. Le seul que je ressens le besoin de voir le plus souvent possible… Et du temps ensemble, nous en passons. Beaucoup, même.
Et il n’a jamais rien fait, ce qui est effrayant et rassurant. Mon éternelle méfiance envers les hommes que je n’éprouve pas une seconde pour lui le repousse peut-être, l’interprétant comme un sentiment le concernant également… Ou peut-être qu’il se fiche réellement de moi.
A chaque fois qu’il me touche, je m’enflamme. Si sa main effleure mon épaule, mon bras, ma joue, ma peau s’électrise. Il y a des moments ou je ne vois que lui. Et d’autres ou je le déteste et le maudis, pestant contre son indifférence blessante.
Il est impossible à cerner, éternellement indéchiffrable. Il s’enferme dans une bulle de verre incassable, mais dont je m’échine pourtant à trouver une fissure… Une faiblesse, quelque chose qui me montrerait qu’il vit, qu’il respire, qu’il souffre, qu’il rit… Qu’il est humain.

Mais il agit comme un robot. Tout en lui est mécanique. Que ce soit larme ou sourire. Mais il ne pleure jamais. Il hurle rarement, mais son ton glacial suffit à remettre n’importe quelle personne à sa place.
Mais ses yeux… Eux sont sincères. Ce résidu, cet écho de peine, il est là, et je le constate à chaque fois. Oui, là est sa faiblesse.
Son regard. Qui ne ment jamais. Dans lequel je peux même lire… De l’amour ?
Mais un amour bien particulier. Un amour qu’il réserve à des personnes comme Lindsay, un amour fraternel.
Cet homme n’a jamais aimé, et n’aimera sans doute jamais autrement. Alors pourquoi m’obstiner ?













Il est trop Sexy avec son pull trop moulant et col V LOL