
Excédée par mes propres hésitations, je décide d’allumer la télévision, et tombe sur un match de football. Bien que je déteste ce sport, je ne fais même pas l’effort de zapper. J’ai juste besoin d’un lavage de cerveau pour ce soir… Rien d’autre. Et dans ce cas, quoi de plus efficace que de regarder des garçons à peine sortis du stade de l’adolescence courir comme des dératés derrière un ballon ?
Alors que je commence à m’assoupir durant la deuxième mi-temps, et que l’équipe dont je ne connais pas le nom et que j’appelle les maillots rouges mène d’un but à zéro, la porte d’entrée se claque soudainement.
Je sursaute, et reste assise, les sourcils froncés, incapable de bouger. Mes muscles se paralysent, et mon pouls s’accélère. Des pas se font entendre dans le couloir, et je déglutis avec difficulté…
Il n’y a aucune raison d’avoir peur… Absolument aucune… Personne ne possédant pas les clés ne peut rentrer ici…

- Putain de con, fais chier, merde… Marmonne alors une voix familière.
Je me décrispe et arbore un sourire de soulagement. Un jeune homme aux cheveux d’un roux flamboyant fait son entrée remarquée, et reste inactif quelques instants en découvrant ma présence.
- T’es pas sorti avec les autres ? Je prends les devants.
Il hausse les épaules, et vient s’asseoir à côté de moi, baillant largement et sans gêne.
- Comme tu le vois, non ! Répond-t-il.
Quelque chose me dit qu’il est de mauvaise humeur… Et ça m’énerve. Comme toujours lorsque Clint est énervé, c’est la personne qui a le malheur de se trouver à ses côtés qui prend tout, et je ne fais pas exception à la règle.

Cependant, j’ai également décidé de faire chier le monde… Joyeuse soirée en perspective !
- Tu faisais quoi dehors ? Je demande, tentant tout d’abord d’éviter les hostilités.
- A la base, j’étais censé me saouler au bar… Puis en fait, j’ai préféré venir me saouler ici, mais vu que t’es là, ça fout tous mes projets à l’eau…
- Tu devrais dire ça avec un peu moins de sérieux, sinon on va croire que tu en as quelque chose à foutre de te bourrer la gueule, j’ironise, blasée par son ton désinvolte.
Parfois, je dois avouer que le rouquin se lance dans des imitations presque parfaites de l’indifférence d’Andreas…















