
Évidemment, Matthias s’assied. De toute façon, c’était inévitable.
Évidemment, mes poings se décrispent. De toute façon, c’était inévitable.
Je suis, et serai éternellement incapable de le repousser proprement, sans bavures. Et il se délecte de ma faiblesse que je m’échine à combattre. Pourquoi est-ce que je n’y parviens pas ? Je devrais être capable d’en venir à bout, mais ça me paraît tout bonnement impossible… Le brun prend ses aises à mes côtés, et un rictus anime ses lèvres.

Je ne sais pas si je dois continuer à l’ignorer sans succès ou si je dois tenter d’investir dans une conversation non ambiguë. Je déteste l’hésitation, et c’est tout ce dont je suis capable depuis quelques semaines.
- Alors, ça va ? Je tente pitoyablement.
- Oui, oui, répond Matt, un peu absent. Tu aimes toujours Lesley ?
Peut-on rêver d’un mec plus direct ? Je ne pense pas. Je le gratifie d’un regard assassin, sachant qu’il connaît très bien la réponse. Oui je l’aime, et il essaye de m’en dissuader. Seulement, lui, il veut m’avoir comme coup d’un soir. Et moi, je veux avoir Lesley pour toujours. C’est la femme de ma vie, et jamais personne ne se mettra entre nous, je ne les laisserai jamais faire. J’ai envie de sortir de cette salle en courant, de m’éloigner de lui, pour enfin arrêter de douter. Mais ce serait fuir les problèmes, et je ne suis pas comme ça.
- Oui, je l’aime toujours, je réponds froidement. Et je te demanderais d’arrêter ce ridicule fantasme à propos de nous deux et d’aller te faire prendre par d’autre types !

- Tu enlèves beaucoup de romantisme à la chose, rétorque Matt sur la défensive. Arrête de me considérer comme une bête !
Je prends cette remarque à la manière d’un électrochoc. Mes propos ont été déplacés, je le reconnais, cependant s’il commence à jouer la carte « je suis homo c’est pour ça que tu me déteste » je vais très vite perdre mon sang froid. Andreas aurait très bien pu sortir le même genre de remarque à une femme, et moi de même. Je ne supporte pas lorsqu’il joue les incompris. Il est temps qu’il apprenne à gérer un refus, que cela lui plaise ou non.
- Que tu sois gay, bi, hétéro ou amoureux d’un chien, j’en ai rien à foutre, Matt, je déclare d’un ton posé. Simplement j’aimerais que tu me foutes la paix et qu’on soit simplement potes !

Il hausse un sourcil sceptique avant d’émettre un léger rire sans joie. Il se lève, et commence à se diriger vers la porte, avant de s’arrêter net. Il pousse un profond soupir, et fait volte-face.
- Tu sais quoi Kendall ? J’en ai marre que tu penses que je ne cherche qu’a te défoncer le cul ! Désolé pour le manque d’élégance, mais vois-tu, tu ne m’inspire pas tellement !
Il claque la porte, et je me lève immédiatement, mon corps prenant le contrôle tandis que mes pensées tumultueuses tentent de s’organiser.












