
Une musique agressive parvient à mes oreilles, alors que je découvre deux hommes sans doute de mon âge, peut-être un peu plus. Celui qui ne conduit pas tourna la tête vers moi. Je ne connais pas son visage, mais le sourire qu’il arbore me déplaît grandement.
Il a un étrange regard de loup en rut, et pour tout dire, il pue l’alcool à trois kilomètre.
- Tu prends combien ? Demande-t-il d’une voix vacillante.
Je crois les bras, presque amusée, et nullement choquée par cette question. En gros, il vient gentiment de me traiter de pute, quoi… Au lieu de m’offusquer et de lui administrer une gifle grandiose, je le prends de haut. Ils me dégoûtent, ces mecs, c’est plus fort que moi, ils me dégoûtent… Ceux qui pensent avoir un quelconque pouvoir par rapport aux autres, ceux qui existent grâce à leur fric et rien d’autre. Des loosers.

- Bien trop cher pour toi, je rétorque d’une voix tranchante. Cassez-vous.
Et là, à la lueur qui passe dans ses yeux, je comprends que je n’aurais pas dû dire ça. Il ouvre la bouche te une forte odeur de vodka remonte jusqu’à mes narines. Le conducteur, à peine plus sobre pose son bras sur l’épaule de son ami en lui chuchotant d’une voix titubante de laisser tomber, mais l’autre le repousse, impulsif. Il sort de la voiture, et je prends peur.
Immédiatement j’esquisse un pas en arrière, dans la nette intention de me carapater vite fait bien fait, mais une poigne bien trop forte se resserre autour de mon bras.
- Tu bouges pas, petite conne ! Rugit le type.

- Lâche-moi, connard ! Je hurle en tentant de me défaire de son emprise.
Il se contente de ricaner, et me contourne pour se planter a nouveau devant moi, collant presque son visage contre le mien, son haleine nauséabonde me donnant la nausée. J’ai peur.
- Je suis sûr que tu peux bien t’occuper de moi, continue le bourré d’une voix terrifiante.
Je tente de crier, mais il fourre sa langue dans ma bouche brusquement pour me faire taire, et m’embrasse avec violence, m’empêchant de tourner la tête. Il me tient la nuque fermement et je ne peux pas bouger. Je tente de crier, faisant des bruits de gorge qui me déchirent les cordes vocales et tout d’un coup je tremble.
Je ferme les yeux qui s’embuent de larmes de désespoir, alors que le salaud passe sa main libre sous mon jean et se met à me tripoter sans état d’âme.

Je suis paralysée. Je ne peux même plus crier tant j’ai peur. Mes membres restent statiques. De l’intérieur, je me débats et je hurle, de l’extérieur, je ne suis qu’une statue. Une marionnette, la marionnette d’un inconnu.
Je pleure. Je suis terrifiée. Mais je ne suis qu’un pantin, depuis toujours. Ce soir est sur le point de se produire un drame à l’insupportable arrière goût de déjà vu, et j’en suis simple spectatrice. Je veux mourir.

















