
A cet instant, la porte s’ouvre. Andreas lève la tête, las, dans l’intention de réprimander son meilleur ami qui vient sans doute de faire irruption, impatient.
Mais une toute autre surprise l’attend.

Une fillette âgée de neuf ou dix ans entre, suivie d’un homme. Tous deux arborent une chevelure rousse flamboyante.
Le jeune homme sent alors une vague d’antipathie prendre possession de son corps, et il se lèvre d’un bond, presque instinctivement. Brusquement, il a envie de cogner.
Et en plus, il est en manque. Un rien commence à l’énerver.
Et surtout, il commence à sentir les symptômes séreux. Il a de plus en plus froid, et une légère nausée s’empare doucement de lui. Non ! Non, il ne veut pas se laisser submerger par cela maintenant. Il aura tout le temps de se piquer dans quelques heures… Il peut tenir, il est fort. Il peut tenir… C’est ce qu’il se répète. Il n’est pas accro, non pas le moins du monde…
N’est-ce pas ?

Brusquement, le regard du jeune homme roux s’emplit de haine. Il regarde son frère, celui qu’il rêve de saigner à mort.
- Bonjour Will, se force Andreas à adopter un ton hautement narquois, comme toujours c’est un plaisir de te revoir !
- Ta gueule, sale chien ! Crache son frère.
- Tu me vexes… Je sais que tu m’aimes, avoue-le !
Will serre les poings. Andreas sourit. Il aime prendre le dessus de la sorte, il aime rendre tout le monde fou autour de lui. C’est même la chose qui le passionne le plus au monde. Rendre fou les gens.

Il baisse alors son regard qui se pose sur la fillette. Il sourit alors tendrement. Il ne fait pas attention à cette nouvelle vague de nausée qui l’envahit et se penche vers la petite rouquine.
- Salut mon cœur, murmure-t-il en la prenant dans ses bras.

Cloe referme les siens dans le dos de son grand frère, et elle sourit. Elle n’a que dix ans, et pourtant elle le comprend si bien… Elle ressent tout ce qu’il ne veut pas s’avouer. Elle pourrait presque palper sa souffrance actuelle qu’il s’obstine à considérer éteinte. Elle veut le réconforter, et lui dire qu’il n’est pas seul, qu’il ne fait rien de mal, mais elle ne sait pas comment faire pour qu’il la croie.
Elle veut lui faire comprendre que c’est un ange. Qu’il est innocent. Que toutes les choses que lui reprochent leur mère, il n’en est pas coupable. Elle veut qu’il arrête de se considérer comme un éternel fautif, elle veut qu’il arrête de mépriser la vie.
Oui, c’est ça, il n’est qu’un ange, un tout petit ange si fragile à qui l’on a arraché les ailes. Non pas coupé, bel et bien arraché. D’une manière cruelle et sans pitié. Et maintenant, il chute pour se briser, inévitablement.












