134  posté le dimanche 16 mars 2008 11:59

 

Ils arrivent enfin. Devant… rien.

Devant une sorte de grande cabane aux airs délabrés, une maisonnette abritant deux être. L’aimé, et le détesté.

Il a deux faiblesses en ce bas monde. Lindsay et Cloe. Ses sœurs, celle qu’il ne peut jamais se résoudre à blesser, celles sur qui il ne peut pas crier sans se sentir atrocement coupable pendant des heures, jusqu’au moment ou il a obtenu leur pardon. Elles sont les seules choses qui le rattachent encore à l’espèce humaine. Si elles n’existaient pas, il n’aimerait plus. Il deviendrait un monstre à part entière.

 

 

Il a pourtant une troisième faiblesse. Une jeune femme blonde qu’il connaît depuis si longtemps… Mais avec Camilla, tout est si différent. Il la blesse et la déchire à chaque fois qu’il la voit, à chaque fois qu’il la touche. Il se comporte comme le pire des salauds avec elle, et le pire, c’est qu’il ne le contrôle pas. Il l’embrasse, il la touche, il la saute, et il la jette.

Elle l’embrasse, elle espère, elle pense être aimée, et elle est victime de la désillusion, comme à chaque fois. Et sur le coup, il n’arrive pas à s’en sentir coupable. Non, il ne peut pas. Qu’elle crie, qu’elle hurle, qu’elle lui démontre par a + b l’être minable qu’il est n’y change rien. Mais après viennent les larmes. La pire punition qui soit. Elle pleure, et il regrette. Elle pleure, et il l’aime.

 

 

Pas comme un amoureux, comme un frère. Il ne peut pas faire mieux, et ne pourra jamais. Avec elle comme avec une autre, il en est sûr.

 

- Tu m’attends ici ? Lance Andreas à son meilleur ami.

 

- Ouais, répond Jake en s’adossant contre le mur de bois. Je ne bouge pas.

 

Il à le temps de sentir son cœur battre un peu plus rapidement qu’à l’ordinaire avant d’abattre son poing sur la porte et de frapper d’une manière agressive.

Soudain, ses pensées s’envolent, alors qu’il entend des pas marteler le sol. Il ne réfléchit plus, il n’est plus. Tout d’un coup, tout l’indiffère. Comme à chaque fois lorsqu’il sait qu’il risque de souffrir.

Oui, tout l’indiffère. Il se fout de voir cette femme qu’il hait. Il se fout que Jake soit là ou non, de toute façon, aussi entouré soit-il, il sera toujours seul. Mais ce n’est pas grave. Rien n’a d’importance.

 

 

La porte s’ouvre. La femme qui lui ouvre est encore relativement jeune, aux alentours de quarante cinq ans. Rousse, pâle, et belle.

Mais cette beauté ne l’atteint pas, puisqu’elle est la même que la sienne, puisqu’elle est dans ses gênes. Au contraire, elle le repousse presque. Presque.

Parce qu’en fait, il s’en fiche.

 

- Salut, maman, lance-t-il d’un ton narquois.

 

Il sait bien qu’elle n’aime pas lorsqu’il l’appelle ainsi. Il aime voir le visage d’Elizabeth Young se tordre lorsque son propre fils lui adresse un signe de reconnaissance. Oui, il aime ça, voir les autres torturés par sa faute, il doit l’admettre.

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