Avertissement aux perverses : autorisation de baver
sur pratiquement toutes les photos ou des personnages masculins
apparaissent pour cet épisode


Midi approche, le soleil ne daigne pas se montrer, inlassablement dissimulé derrière de gros nuages gris annonçant l’averse inévitable. Le temps est d’un maussade parfaitement accordé à l’humeur des deux jeunes hommes qui marchent côte à côté depuis maintenant presque une demie heure. Ils avancent à la même allure régulière, cependant, les pas de l’un semblent beaucoup plus réticents que ceux de l’autre.
C’est le plus grand, le blond, qui semble redouter la destination à laquelle il se rend. Le brun, lui, semble moins concerné, mais il ne cesse de jeter de rapides coup d’œil en direction de son ami.
Il sait combien cela coûte à Andreas de se rendre là où ils se rendent. C’est pourquoi il a accepté de l’accompagner. Jamais il n’oserait laisser son meilleur ami seul face à une pareille situation. Le jeune homme blond ne le montre pas, mais au fond de lui, Jake sait pertinemment qu’il a peur, terriblement peur, et surtout qu’il a mal. Ils se connaissent trop pour n’être pas capable de sentir une telle chose.

La tête de son ami est légèrement inclinée vers le sol, comme si l’idée de lever les yeux et d’avancer tête haute le paralysait, lui qui se montre toujours si fier et sûr de lui.
Andreas ne prête même pas garde à la sensation de chaleur qui l’envahit lorsqu’un léger rayon de soleil ose franchir la limite des nuages pour éclairer la route qu’ils longent avant de redevenir captif derrière cette prison des cieux. A vrai dire, il ne prend garde à rien, excepté l’itinéraire qu’il doit suivre. Il avance à la manière d’un robot programmé. Il ne veut pas y aller, il redoute cet endroit plus que tout au monde, parce qu’il sait pertinemment qui il va devoir affronter. Il sait, et il veut fuir. D’ailleurs, qu’est-ce qui l’en empêche ?
Le tiendrait-on pour responsable de quoi que ce soit s’il décidait de rebrousser chemin ? Non, bien sûr que non. Il sait qu’il en serait capable, il sait qu’il n’a pas de morale, il sait que c’est mal. Et il s’en fout.

C’est sans doute pour ça qu’il a demandé a Jake de l’accompagner, non seulement pour ne pas être seul, mais par-dessus tout parce qu’il est certain que son meilleur ami le ramènera à la raison en lui rappelant son devoir. Le seul qu’il puisse avoir envers quelqu’un.
Alors il ne fait pas demi-tour, et se contente d’hésiter de temps à autre, le temps d’un battement de cœur, le temps d’un battement de son cœur. Ce battement qui met si longtemps à arriver. Depuis longtemps, cette chose qui soi-disant guide les sentiments humains n’est rien de plus pour lui qu’un simple organe, vital, certes, mais organe tout de même. Il ne ressent pas grand-chose, presque rien, même. Rien qui aille au-delà du physique.
Il ressent la douleur que provoquent les coups. Il connaît les sensations du plaisir charnel.
Mais cela ne va pas plus en profondeur.


















ouaiiiis ^^