
– Tu n’as pas changé, lance alors Emily tandis qu’Andreas se moque volontairement des regards réprobateurs qui lui sont adressés. T’es toujours un sale con.
Je considère la jeune fille quelques instant. Elle est la première personne qui lui adresse un tel reproche et qui ne l’aime vraiment pas. Je le sens. Sa manière de le dévisager sans laisser transparaître l’attirance dont les femmes sont généralement victimes traduit un dégoût raisonnable. Elle ne le hait pas d’une manière démesurée, elle se contente de ne pas l’apprécier, et de passer son chemin. En d’autres termes, il l’indiffère. C’est pour moi la seule réelle définition de l’hostilité.
- Et toi, t’as toujours la langue trop bien pendue pour une idiote. T’as de la chance d’être bonne, sinon personne voudrait de toi.
Elle rit à cette remarque qui ne fait d’effet à personne. De la part du jeune homme, j’en viens moi-même à considérer cela comme un compliment. Il ne s’attarde pas sur le cas de la jeune femme brune, ce qui me rassure. Il se fiche complètement d’elle tout autant qu’elle se fout de lui.
Andreas rit à son tour, pour des raisons qui me sont inconnues, et s’engouffre à nouveau dans la chambre, soit pour finir de s’habiller entièrement, soit, perspective qui m’oppresse, pour réconforter la jeune femme qu’il a ouvertement repoussée. Pourquoi a-t-il réagit comme ça, je ne sais pas. Avec lui, je ne cherche plus à déceler une quelconque logique dans ses actions.

Quelques minutes plus tard, nous nous retrouvons tous en bas à nouveau assis sur les canapés blancs. Seule Camilla manque à l’appel, s’étant éclipsée quelques secondes plus tôt après une nouvelle dispute avec son meilleur ami qui aurait tenté de s’excuser à demi mots.
L’était de celle-ci ne semble pas le préoccuper plus que cela, et je le trouve cruel. A jamais, cruel.
Je prends part à la conversation avec plus d’aise que je ne l’aurais cru. A ma grande satisfaction, mes amis ne passent pas leur temps à ressasser le passé et évoquer leurs souvenirs avec Emily, non, eux préfère se limiter au présent, et se projeter dans le futur. Chose que je devrais essayer, pour sûr. Chose que j’essaye de faire, par ailleurs. Chose à laquelle j’échoue lamentablement à chaque fois. Vouée à l’échec, vouée à l’abandon, vouée à la rancœur et l’amertume. Je ne me distingue aucune issue de secours, je resterai à jamais bloquée dans cet état d’esprit.





c'était la meilleurrìe histoire de Gwen je crois...

