
Jeffer et Kendall l’accueillent également à bras ouverts, et je devine qu’elle leur a manqué. Je n’ai d’ailleurs aucun mal à deviner pourquoi. Elle dégage quelque chose d’attachant, malgré cette supériorité qu’elle se donne plus ou moins consciemment. Je regarde la scène telle une intruse, ne sachant pas vraiment comment me comporter. Emily représente une partie de la vie de mon frère et des autres que je ne connaîtrais jamais, à mon plus grand regret.
Je constate alors que les gémissements ont cessés dans la chambre de Camilla, et j’ai énormément de mal à ne pas m’en montrer satisfaite. Leurs soupirs d’aise avaient été insupportables, tellement que je les avais presque trouvés provocateurs à mon égard.

La porte s’ouvre subitement, et Andreas déboule dans la pièce, ayant au moins prit la peine de revêtir un jean. Mon regard s’attarde inévitablement sur son torse à la musculature trop parfaite pour que mon cœur ne puisse le supporter. Je me force à lever les yeux et fixer le premier objet susceptible de refroidir mes ardeurs. Cet objet n’est autre qu’une personne. Une jeune femme blonde qui se glisser derrière lui en posant ses mains dans son dos.
Je n’arrive même pas à en vouloir à Camilla. J’essaye, pourtant, plus que tout, mais je n’y arrive pas. Elle est trop attachante, trop fragile, trop vulnérable, et par-dessus tout, trop amoureuse pour parvenir à s’attirer mes foudres.
Et puis, il l’utilise. Dès qu’il se sent seule, elle est celle qu’Andreas sollicite. Pourtant, même si chaque fois qu’il lui fait l’amour, ses gestes sont dénués de sentiments, je ne peux m’empêcher de l’envier… Je l’envie parce qu’il la touche, parce qu’il lui fait croire l’espace de quelques heures ou même quelques minutes qu’elle est importante… Quelque chose dont je ne bénéficierai jamais.

J’ai conscience qu’il est horrible de jalouser une telle relation, mais je n’y peux rien… C’est comme ça.
Brusquement, je croise les prunelles d’Andreas. Nous nous défions du regard durant une seconde imperceptible, puis à mon grand étonnement, il tourne légèrement la tête, et se détache violemment de son amante.
- Lâche-moi, vocifère-t-il, tu me saoules. C’est pas parce que je t’ai sautée que tu dois te faire des illusions.
Les mots tranchants à la manière d’une lame de rasoir me restent en travers de la gorge aussi bien que s’il me les avaient adressés. Les yeux de Camilla se mettent à briller, même de là où je suis, je le vois. Elle n’articule pas un seul mot et se réfugie dans sa chambre, blessée d’une manière que je n’imagine que trop bien.
















