
Il avance de quelques pas à l’intérieur, se retourne vers moi dans un mouvement théâtral digne d’un acteur, et me gratifie de l’inévitable regard blasé et amusé, celui qui montre que qu’importe ce que l’on s’apprête à lui dire, cela va lui passer largement au dessus de la tête.
- Oui, tu as raison, répond-t-il sur un ton qui montre directement qu’il me prend pour un con, je ne devrais pas. Là, je suis supposé me faire chier sur un lit d’hôpital à la suite d’un accident dont je suis ressorti indemne, à attendre sagement qu’un médecin de mes deux m’envoie en cure… Charmante perspective. Tu m’en veux si je préfère squatter quelques heures ici ?
Je soupire, lève les yeux au ciel, et le laisse se diriger vers la cuisine. De toute façon, qu’est-ce que je pourrais faire… Si on l’obligeait à entrer en cure de désintoxication, il trouverait un moyen de se barrer, un jour ou l’autre, et en profiterait pour se faire un fix d’enfer. Alors à quoi bon s’échiner à vouloir l’aider lorsque de toute façon, ce type d’attention envers lui sera rejeté ? Je n’ai pas envie de remuer ciel et terre pour un mec qui se fout de tout, aussi cher soit-il pour moi.

Je gravis les marches de l’escalier d’un pas lourd, passe devant Drake qui s’acharne sur sa batterie depuis déjà deux bonnes heures afin de rejoindre Lyra qui attend innocemment sur le canapé devant la télé. Elle m’aperçoit, me sourit, et fronce les sourcils pour illustrer sa curiosité.
- Qui c’était ? Demande-t-elle.
- Un emmerdeur, je réponds d’un ton las.
- Bénis sois-tu, toi et ta manie de toujours expliquer les choses avec tant de précision, se moque ma sœur avec un rictus.

Je grimace. Je n’ose pas vraiment lui dire qu’Andreas est là. C’est plus fort que moi, elle a beau être une femme responsable, ou en tout cas une femme, je me fais comme un devoir de la protéger. Elle et Tess, d’ailleurs.
Mais ayant compris que mon ami s’était fixé un but, celui de la baiser, ni plus ni moins, je restais vigilant.
J’élude donc la question en relançant le sujet original de notre discussion ; sa semi-réconciliation avec Clint, à laquelle elle avait préféré donner le nom de « première approche civilisée ». Je suis ravi que le roux ait enfin prit sur lui afin de formuler des excuses convenables. Et puis, venant de lui, ce n’était pas rien. Personnellement, j’aurais juré qu’il choisirait de se pendre plutôt que de reconnaître ses erreurs. Comme quoi… croire aux miracles ne fait jamais de mal.













Je kiffouille