
Lyra se met à tousser fortement. J’esquisse un sourire. Mes propos sont ils surprenants au point qu’elle s’étouffe avec sa propre salive ?
J’attends sagement qu’elle se calme, et une fois chose faite, je la regarde tourner la tête vers moi et lever un sourcil sceptique.
Elle ne croit pas une seule seconde à la véracité de mes propos, et je le sais, elle n’a pas besoin de le dire.
- Soit tu veux quelque chose de ma part, commence-t-elle d’une voix très lente, soit t’es complètement bourré.

Je lève les yeux au ciel. Ca ne va pas être facile de la convaincre, de faire tomber son masque de méfiance. Mais que dois-je dire, que dois-je faire pour qu’elle accepte mes excuses sans me rendre encore plus ridicule ? Je ne sais pas, et c’en devient rageant.
- Non, je ne suis pas bourré Lyra, et je ne veux rien de toi, je me suis simplement rendu compte, en homme intelligent que je suis, que j’avais tout simplement eu tort de mal te juger dès la première fois, c’est tout ! Après, si tu ne veux pas me croire, bah écoute tant pis, je ne vais pas aller me taillader les veines.
C’est à son tour d’afficher l’ombre d’un sourire. Même pire, elle se met à rire franchement.
Petit à petit, sonorité ponctuée d’une note d’hystérie. Je commence à m’inquiéter, ce n’est pas normal de la voir si démonstrative.

Elle baisse la tête, et ses épaules sont toujours secouées par son fou rire. Mais petit à petit, je me rends comte que ses bruits de gorge prennent une tournure étrange. Elle place instinctivement ses mains sur son visage, et je comprends qu’elle pleure. En silence, sans hoquet, sans raclement de gorge, rien. Elle craque, complètement, et je suis totalement démuni.
Soudainement, je me sens complètement inutile et mal à l’aise. Je ne sais pas vraiment quoi faire, je ne suis pas doué pour réconforter, j’aurais même une tendance à pousser des suicidaires à commettre l’acte fatal.

Toujours sans un mot et sans un bruit, elle se lève Son visage est de nouveau serein, mais ses yeux rouges et les larmes coulant encore sur ses joues la trahissent. Elle n’ose pas un regard vers moi s’avance de quelques pas se dirigeant vers sa chambre.
Mais à mi chemin, elle craque une nouvelle fois. Et cette fois, les sanglots sont bien plus que simplement audibles.












