
Elle m’emmerde, tout m’emmerde.
J’aimerai que Tess soit là, avec elle, c’est facile de parler et de me changer les idées. Et puis, même si c’est assez horrible de penser de la sorte, elle risque bien d’être la seule à se foutre complètement de la façon dont je traite mes conquêtes, surtout qu’elle et Victoria n’ont jamais étés spécialement amies.
J’arrive à me dégoûter moi-même de mes paroles intérieures. Plus le temps passe, moins les événements ont d’impact sur ma personne. De toute façon, cela fait bien longtemps que plus grand-chose ne me fait de mal, mais là, j’arrive à me demander si le blond platine qu’est Andreas ne commence pas à déteindre sur moi. Je passe trop de temps avec lui en ce moment, sans doute. Et puis étant le colocataire de mon meilleur ami, il ne peut pas s’étonner du fait de me voir débarquer chez eux tous les quatre matins.

J’ai toujours trouvé la colocation de Matthias et Andreas assez amusante. Ils ne se connaissaient pas, n’avaient, on n’ont toujours, aucun point commun, et pourtant ils s’entendent à merveille, si l’on omet les constantes sautes d’humeur du plus caractériel des deux donc je n’ai même plus besoin de préciser le prénom tant il est aisé de deviner duquel je parle.
Ma carapace se referme sur moi petit à petit, m’immunise contre toutes souffrances. Je suis arrivé au stade ou je me mets à redouter le moment ou cette armure se brisera. Parce que comme toute chose artificielle, elle finira par disparaître, c’est pré destiné. Je ne sais pas comment cela va se passer, je ne sais pas ce qui déclenchera cette auto destruction, mais ce dont je suis certain, c’est que je vais avoir mal.

Sans doute mériterai-je plus de la moitié des peines qui me tomberont dessus pour m’être foutu de la gueule du monde. Mais que ferai-je de ce quart comportant mes pires cauchemars, ce quart de souffrances qui me fait le plus peur ? Oui, c’est celui qui m’effraie le plus, car il est rempli de maux que je n’ai pas mérité, et que je n’ai rien fait pour déclencher. Je suppose que c’est ce qu’on appelle les injustices de la vie. Et mon Dieu, qu’est-ce qu’elles sont nombreuses !
« Subis, Clint, subis, puisque c’est le chemin que ton existence t’impose… »
Je crois que c’est la seule phrase de ma connasse de mère qu’il me reste en mémoire.













ptint il est violent mais ...il reste mignon