
Clint
- Ta gueule ! Je lance à Victoria.
Mon Dieu, que quelqu’un pende cette emmerdeuse, et maintenant ! Elle me fixe longuement, avec des yeux de cocker qui m’insupportent. Si elle s’attend à ce que je lui sorte ; oui, je me suis foutu de ta gueule, non je n’ai jamais rien ressenti d’autre pour toi qu’une attirance physique, et oui, tu me saoules profondément, alors soit, je peux très bien le lui dire, ça ne me pose strictement aucun problème !
Elle recule de quelques pas. Mon bouclier invisible anti intrus semble fonctionner, et pour une fois, j’en suis ravi. J’ai la capacité surprenante de faire fuir la majorité des personnes de mon entourage à mes simples répliques cinglantes et froides.

- Pourquoi tu t’es amusé avec moi ? Se lamente-t-elle stupidement.
Je ne prends même pas la peine de dissimuler mon long soupir exaspéré.
- Tu na vas pas me faire croire que tu étais complètement dingue de moi, si ?! Et puis tu sais très bien comment je suis, il me semble avoir eu assez d’aventures sans lendemain pour que tu sois au courant !
Elle baisse les yeux, et marmonne quelque chose d’incompréhensible. Je ne cherche même pas à la faire répéter Que ce soit des insultes ou une surprenante déclaration d’amour, je m’en contre fous. Et si c’est quelque chose d’important, elle n’a qu’à le formuler de manière claire et audible.
Elle relève la tête et me fixe un instant. En un éclair, je crois comprendre ce qu’elle se borne à passer sous silence. J’émets un ricanement malgré moi.
- Tu croyais que tu serais différente, c’est ça ? Je murmure d’une voix volontairement suave en me rapprochant d’elle. Tu pensais que tu serais celle qui m’apprendrait à aimer…

Je colle mon torse contre elle, et m’amuse à effleurer ses hanches du bout des doigts. Un frisson lui parcourt tout le corps je le sens, je le sais. Malgré elle, elle laisse aller sa tête sur mon épaule. Elle est troublée, je me délecte de ses hésitations. Elle est si stupide et si naïve que ça me donne presque envie de vomir. Je n’arrive pas à croire une seule seconde que mon charme soit déroutant au point qu’elle ne sache plus son propre nom. Je crois seulement qu’une simple proximité masculine ainsi que quelques gestes tendres sont amplement suffisants pour la rendre totalement gaga. Je me réjouis intérieurement qu’aucune femme n’ait ce pouvoir sur moi.
Elle lève le visage pour m’embrasser, et je manque d’exploser littéralement de rire. Je m’éloigne sans difficulté de deux bons mètres, et lui lance, un sourire narquois accroché aux lèvres :
- Allez, barres-toi de la chambre.













