
Je ne sais pas exactement si je le fais consciemment ou non, mais je finis par me rendre compte que j’emprunte la route qui mène jusqu’à chez Sheldon et Lindsay.
Je me félicite intérieurement de cette initiative. Sheldon est mon meilleur ami.
Clint ne peut pas être qualifié ainsi, contrairement à ce qu’il pense. Clint est Clint, et restera éternellement cet amant que je n’aurai jamais.
Tant pis. Je n’espère plus, je laisse couler.
Les souffrances dues à son éternelle indifférence envers mes sentiments ne m’accablent plus.
Ou du moins, je ne les sens plus. J’ai appris à vivre avec, et maintenant, c’est comme si elles faisaient partie de moi, de mon être, de ma vie.
Quelque chose que je traîne avec moi depuis maintenant trop longtemps pour m’en soucier.

Je souris donc, laissant la douleur m’habiter à part entière.
J’arrive devant chez eux, cette petite maison qui leur convient si bien.
Elle est simple, charmante. Elle semble incarner le bonheur.
Inconsciemment, je suis jalouse. Jalouse de leur amour si solide, jalouse de cette indépendance qu’ils prennent envers toutes ces personnes qui ont mal autour d’eux. Ils savent apporter leur aide sans sombrer à leur tour, et ça me rend malade d’envie.
Parfois, il est amusant de comparer Lindsay à son frère. Elle différente et en même temps semblable à Andreas.

Elle peut être aussi sèche que lui, ainsi qu’un milliard de fois plus sensible. Les deux ont une relation très forte.
Je crois qu’elle est la personne que le garçon aime de l’amour le plus simple et sincère qui soit. Il n’y a aucune ambiguïté, aucune complication. Il ne cherche pas à s’interdire de ressentir quoi que ce soit envers elle, chose qu’il fait constamment avec tout le monde.
Je soupire. Décidément, je crois bien que mon entourage n’est constitué que d’hommes brisés et incompris qui ont fini par se un devoir de haïr la terre entière…


















Sheldon et Andreas