
Il se braque devant nous, porté par un charisme presque indécent.
- Ca va Jake, tu t’éclates à ramener tout le quartier assister aux répétitions ? Bravo, bel esprit de partage ! Pourquoi t’as pas invité ton frère tant qu’on y est ?!
Je sens le jeune homme brun serrer les poings, imperceptiblement. Cette remarque lui fait très mal, pour de simples mots lancés en toute ironie. Je devine qu’il y a un message caché que seuls les deux garçons peuvent comprendre.
- Et toi frère à toi, il est où ? Il préfère toujours se pendre plutôt qu’être ici, ou c’est déjà fait ?!
Andreas lève le poing, sa mâchoire contractée au possible. Et bizarrement, en le voyant comme ça, je n’ai pas peur. Pourtant, il est effrayant.
Mais le fait de le voir enfin réagir à quelque chose lui donne ce côté humain que je lui ai cherché. Cependant, je viens de penser trop vite.
Il laisse retomber mollement son bras le long de son corps, et esquisse un sourire insupportable.
- Qui te dit que son corps ne se balance pas déjà au bout d’une corde ? Choisit-il l’humour noir. Bon, tu me la vires, moi je vais pisser.
- Ouais, c’est ça, va te piquer, tu trembles ! Cingle le brun. Allez, qu’est-ce que tu fous encore là ! Vas-y espèce de camé de mes deux, va te détruire encore un peu, t’en as pas déjà assez eu !
Andreas se fige, nous tournant le dos, mais ne fait pas volte face. Il se contente de pivoter légèrement le visage sur sa gauche.













