
Je me sens soudainement très idiot. Pire, je me sens pitoyable.
J’ai toujours détesté les gens qui me jugeaient sans rien connaître de ma vie, et j’ai fait exactement la même chose depuis quelques semaines. Certes, je ne porte pas le caractère exécrable de cette fille dans mon cœur, mais Kendall a raison, je n’ai pas à la juger. Même Tess semble ne pas trouver a réaction démesurée… Pourtant, si j’en crois les dires de mon ami, personne ne sait ce qui lui est arrivé… Je pense que Tess vit dans la culpabilité depuis la mort de sa mère. Une culpabilité bien trop pesante, qui lui fait accepter les choses les plus folles.
Je pousse un soupir, et j’espère qu’il en décèlera le message caché. Je veux m’excuser sans utiliser le moindre mot, car ceux-ci m’arrachent souvent la gorge.
- D’un côté, enchaîne Kendall, ma sœur n’a jamais fait dans la dentelle non plus, et je reconnais qu’elle est casse couille. D’ailleurs elle s’est mise dans de beaux draps avec Andreas…
J’acquiesce à ces deux informations. Oui, c’est une chieuse. Oui, le blond platine a sorti l’artillerie la veille, avec son regard profond et hypnotiseur qui fait tellement d’effet aux femmes. Mais d’un côté, il a toujours été comme ça.
- Bah, tu sais, Andreas matte comme ça toutes les femmes qui ont le malheur d’être à son gout, je tente d’argumenter pour le détendre.
- Ayant été son colocataire pendant trois ans, je le sais. N’empêche, il ne la regardait pas pareil…
J’émets un petit rire. Rien que ça !
- Tu ne serais pas en train d’idéaliser ta sœur une seule seconde, par le plus grand des hasards ?
- Traite-moi d’incestueux tant que t’y es ducon ! Rit-il à son tour. Non, pas du tout, je sais juste reconnaître une passion prédestinée.
Il plaisante en disant cette phrase, je le sais bien. Mais je m’en fiche. Il vient d’entamer un sujet de conversation sur lequel j’ai bien l’intention de rebondir.
- Tu veux dire, cette même future passion que toi et Matthias ?













