
– Pardon, je marmonne, me fronçant tout de même à détourner les yeux.
Il rit, et je déteste la sonorité qu’émet ce bruit. Je me maudis soudainement d’être tombée si vite en admiration devant un type à l’allure si hautaine. Je n’ai pas le souvenir d’être aussi superficielle. Et puis, les visages d’anges… Ils m’avaient trop usée.
- Fais juste gaffe où tu mets les pieds, répond-t-il.
Je m’immobilise totalement. Sa voix. Si familière. Si horriblement familière.
Je n’ose plus lever le regard vers cet homme. Je suis pétrifiée, terrorisée, sans même savoir pourquoi.
Je tente en vain de me rappeler ou je l’avais entendue. Ca m’occupe l’esprit, tellement que j’en oublie où je suis. Je ne trouve pas, et c’est horriblement frustrant.
Ce n’est pas sa voix elle-même qui m’horripile, c’est le souvenir auquel elle me rattache, bien que je ne sache pas encore duquel il s’agisse. Trop de pensées désagréables me traversent l’esprit pour immédiatement établir une connexion rationnelle.
Je secoue alors vivement la tête. Il faut que je me reprenne. Je n’ai jamais vu ce gugusse de ma vie, alors comment pourrais-je m’en souvenir ? Il est temps de réfléchir un minimum avant de me mettre à paniquer de la sorte. Ce n’est qu’une coïncidence, pure et simple.
Toujours est-il que je m’éloigne de lui considérablement.
Une gêne s’installe, et semble contaminer tout le monde, lui excepté.
- Bon, ben Lyra, voilà Andreas, Andreas, c’est ma sœur qui vient de te rentrer dedans, et puis à côté de moi, c’est Jake.
Je lève les yeux vers l’autre ami de mon frère. Jake est beaucoup plus chaleureux, en apparence en tout cas. Il me fait un sourire encourageant que je m’efforce de lui rendre.
Cela fait quelques petits jours que j’essaye tant bien que mal de me montrer aimable. Même envers ma sœur. Enfin, c’est un bien grand mot. Je me contente de l’ignorer, au lieu de lui lancer des répliques cinglantes.












