
J’entends des pas légers derrière moi, et je fais face à la première femme qui croise mon chemin depuis le début de la journée.
Camilla me sourit, et feint un air désespéré.
- Salut ! Lance-t-elle joyeusement.
J’oublie parfois qu’elle travaille également ici, en tant qu’assistante de Lesley, qui elle occupe le poste de manager.
Sa fraîcheur est une bonne chose, au milieu de tous les mâles de cet endroit. Lesley est rarement libre, trop occupée par la paperasse inutile, mais indispensable.
- Salut, je réponds. Je croyais que tu dormais encore, à la maison.
- Hé non, soupire-t-elle. Comme toujours je viens exécuter les moindres désirs de ces messieurs, ajoute-t-elle avec ironie.
Elle se poste à mes côtés, et regarde la scène de dispute avec autant de détachement que moi. Ca l’amuse, et l’exaspère un tantinet, mais pas au point de l’affecter sérieusement.
- Andreas est un peu à cran en ce moment, non ? Il est gentiment insupportable…
- C’est pas censé être ton ami ? Me coupe-t-elle sèchement.
J’ai touché le point sensible. Critiquer son éternel amant en sa présence n’est pas une bonne idée. Oui, il est mon ami, l’un des plus chers que je possède. Mais je suis capable de voir ses défauts, contrairement à elle. Et en ce moment, ils ont tendance à être plus nombreux que ses qualités.
- Ca l’est, je la rassure immédiatement. N’empêche qu’il abuse un peu.
- Tu sais très bien pourquoi il est comme ça, se borne Camilla à le défendre.
J’opine en silence, ne cherchant pas à approfondir. Elle a choisi la voie de la dépendance depuis bien longtemps. Il est maintenant trop tard pour l’en sortir.












