
Il s’éloigne de la batterie, qui n’est pas vraiment son instrument de prédilection, et va s’installer sur le canapé, jetant un regard attentif aux alentour. Je reste debout, les bras croisés sur la poitrine, surveillant son manège confus.
- Vous êtes tous morbides dans cette baraque, ou vous ne connaissez tout simplement pas l’existence des couleurs ? Fait-il remarquer à voix haute, tout en fixant les murs sombres du salon.
J’hausse les épaules, indifférent à ses critiques continuelles. Ayant été son colocataire pendant trois ans, celles-ci ne m’atteignent plus, de la même façon qu’elles n’ont aucun effet sur Jeffer ou Clint. Il faut vivre, ou avoir vécu avec ce type, qui est plus un mythe à lui tout seul qu’un simple homme, pour se considérer comme blasé, une bonne fois pour toutes.
- Comment va Camilla ? Me demande-t-il alors que je m’installe en face de lui.
- Bien, j’hausse les épaules. Je crois qu’elle a quitté Damian.
- Tant mieux, réplique Andreas au quart de tour. Ce type était un bon à rien ! Elle a bien fait de m’écouter.
Comme d’habitude, il se montre très protecteur envers sa meilleure amie. Sans doute trop. Personne n’a jamais vraiment réussi à cerner leur relation.
Un jour ils s’embrassent comme un couple vivant un amour passionné, le lendemain ils se promènent bras dessus bras dessous de façon à passer pour frère et sœur. Cette instabilité est plus due à Andreas qu’à ma colocataire. Elle lui est entièrement dévouée, ça ne fait aucun doute. Il se contente d’exiger, et elle exécute. Et le pire dans tout ça, c’est que je pense sincèrement que mon ami ne s’en rend pas compte.
















