Kendall
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Cette fois, c’est sûr et certain ; aussi indispensables soient-elles à ma vie, mes deux sœurs peuvent se révéler être de vraies plaies.
Je réécoute pour une troisième fois le message presque névrosé que m’a laissé Clint, dans lequel il me supplie de lui dire comment il est possible de les arrêter de s’engueuler.
En bruit de fond, il me semble entendre la voix si douce et mélodieuse de Lyra lorsqu’elle s’énerve contre le monde entier.
Je repose le téléphone sur son socle, avant de soupirer bruyamment.
Avec la force de deux tornades ambulantes, elles foutent le bordel partout où elles passent, lorsqu’elles sont ensembles.
Je m’engage dans les escaliers que je monte d’un pas lourd.
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Au début, seule Lyra éprouvait du ressentiment. Je sais que ce n’est pas à cause du suicide de notre mère. Elle l’a admit elle-même, c’est quelque chose d’autre.
Mais petit à petit, Tess aussi s’est mise à la rejeter, épuisée de vivre dans la culpabilité et une constante justification de ses actes.
Quand Lyra est partie, tout commençait à redevenir calme, en apparence.
Elle est de retour. La tempête jusqu’alors endormie se réveille et est prête à frapper avec plus de force que jamais.
Mais comment lui en vouloir ? Je ne peux pas, et même, je ne dois pas prendre partit.
Elles sont toutes deux à blâmer, autant qu’elles le sont à plaindre.
Leur haine mutuelle m’à également atteint, bien que je ne l’ai jamais montré. Si nous nous laissions tous emporter par l’impuissance, que serait le monde aujourd’hui ?
Non, j’ai fait face, sans doute plus que nécessaire. J’ai laissé mon père devenir la copie conforme de sa défunte épouse, se bourrant de cachets à en crever.
Je me suis occupé de l’enterrement de ma mère.
J’ai endossé en même temps que Tess un énorme sentiment de culpabilité qui n’aurait jamais dû être mien, et j’ai éprouvé une rancœur incommensurable à l’image de Lyra.
J’ai tout fait, tout assumé, seul. Et aujourd’hui encore, c’est à moi de recoller les morceaux.
















