
Lyra
Je repasse encore une fois le pas de la porte, presque en douce. J’ai l’impression d’être une voleuse qui fait de son mieux pour ne pas être repérée. Il est environ dix heures, et j’ai encore traîné sans but toute la journée. Plus j’y pense, moins j’arrive à cerner les raisons de mon retour vers ma sœur. Au début, celles-ci semblaient être claires, net et précises ; fuir, et lui faire payer.
Je pensais qu’en étant obligée de me côtoyer tous les jours, sa culpabilité reprendrait le dessus, que ce serait à son tour de voir son âme se déchirer petit à petit.
Aujourd’hui, je ne sais plus. La voir aussi perturbée ne me satisfait pas comme je l’aurais pensé. Je ne ressens aucune joie, aucune délectation. J’ai simplement l’impression de souffrir en même temps qu’elle, ce qui n’était pas du tout mon but initial.

Mais de toute façon, j’avais été dans l’obligation de partir. J’ai enfin quitté cette vie dans laquelle je me suis enfoncée, et je m’en suis allée aussi loin que j’ai pu.
J’espère surtout que l’on ne me retrouvera pas. Que l’on ne nous retrouvera pas. Ni moi, ni lui. Sa tête se dessine alors dans mon esprit, et mon cœur se fend en deux. Je perds mon masque de froideur, à présent vulnérable à en crever.
J’ai peur du sort qui l’attend, peur qu’il n’ait à affronter un funeste destin par ma faute. Mais nous n’avions pas eu le choix. Si je nous avions continué ensemble, ça se serait révélé beaucoup trop dangereux pour lui.
Seulement sans lui près de moi, sans mon soleil personnel pour égayer ma vie avec son sourire si merveilleux, le piège semble se refermer sur moi, comme une toile d’araignée sur une vulgaire mouche.













Ya pas une erraaur?? JE NOUS??