
Sheldon s’en va finalement, après deux heures de discussion inutile mais réconfortante. Je lui demande de transmettre le bonjour à Andreas qui se trouvera sûrement en compagnie de Lindsay lorsqu’il arrivera chez lui.
Pourquoi est-ce que malgré leur état partagé entre le désespoir et l’envie de continuer, tout semble leur réussir ? Sheldon file le parfait amour avec une fille magnifique et intelligente, vient d’obtenir son premier contrat de travail alors qu’il suit encore des études à la fac.
Andreas enchaîne filles sur filles, mais travaille depuis un an comme ingénieur informatique, et son groupe de musique menace de monter bientôt en tête d’affiche. Kendall a une sœur que j’aimerais avoir, une copine, et poursuis des études brillantes.
J’ai l’impression que tous leurs parcours si parfaits ne servent qu’à me forcer à me remettre en doute. Est-ce que c’est moi qui me freine, qui me barre la route du bonheur ?

Si c’est le cas, je n’en ai pas vraiment l’impression. Après tout, je ne me laisse pas aller. Moi aussi, je suis des études. Oui, mais des études dont je ne sais pas à quoi elles me serviront, une fois diplômé.
Ma vie semble n’être qu’un immense tourbillon de rêves détruits, mais qui s’accrochent tout de même à des rafales de vent violents. Je ne sais pas où je vais, je ne l’ai jamais su.
Il serait peut-être temps de m’en soucier. Il serait peut-être temps de me réveiller.
Je ne suis qu’une pauvre larve misérable, murée dans une carapace apathique car elle sait que c’est la seule solution pour ne pas souffrir.
Et le pire, c’est que ça marche…
On s’y attache…
On se surprend à vouloir devenir un zombie, rien que pour ne plus rien ressentir, ne plus avoir mal.
Et lorsqu’on prend conscience de notre dépendance, il est déjà trop tard.
C’est une drogue légale, mais tout aussi destructrice.


















c'est beau *o*