
Je finis par prendre part à la conversation, et ça me fait du bien. J’oublie tout ce qui me tracasse, repousse cet assemblage de doutes dans un coin très isolé de mon cerveau, dans l’espoir naïf de les faire disparaître à jamais.
J’ai soudainement envie d’une soirée comme celles que nous faisions sans arrêt, lorsque Sheldon habitait encore ici.
Ces soirées entre mecs, Sheldon, Andreas, Kendall et moi, vautrés sur un canapé, cartons de pizza éparpillés sur la table basse, jeux vidéo allumés ou les filles guerrières portent leurs habituels ensembles de cuir ultra-court qui servent à faire fantasmer les plus en rut d’entre nous.
Une bonne soirée de looser en puissance.
Ce temps est lointain, maintenant. Les rires francs ont laissé place aux sourires forcés et crispés. L’amitié est restée. L’équilibre du mental, lui, s’est éclipsé sans nous demander notre avis.

Nous étions quatre adolescents, quatre tout jeunes adultes prêts à repartir du bon pied, de faire de la vie ce que nous voulions qu’elle soit.
Nous sommes quatre hommes ayant subi les conséquences de la désillusion. Nous sommes quatre hommes détruits, pour des raisons bien différentes.
Seul Sheldon semble reprendre pied. Parce qu’il a Lindsay, et que nous savons tous qu’elle est celle qui le maintient en vie. Nous ne le jalousons pas, nous l’envions simplement.
Et de notre côté, nous n’avons plus qu’à avancer, et espérer que tout ira bien.
Nos rêves sont morts, et notre innocence avec.
















