
Nous nous dirigeons inévitablement vers la table du salon afin de pouvoir se parler, assis et face à face.
Je lui déballe quelques banalités, peu amène à parler vraiment. Lui en revanche, c’est plutôt le contraire. Sheldon ne donne pas l’impression, grâce à son ton posé, mais lorsque j’y réfléchis, je me rends compte qu’il lui arrive d’être plus bavard qu’une femme.
Seulement, lui, il ne déballe pas trente-six informations dans la même secondes.
- Clint, t’es connecté ? Me glisse-t-il très bas, sans doute pour vérifier que je ne sois pas totalement absent.

J’opine, les yeux dans le vague, immergé dans mes propres songes, et lui lance un « oui » rêveur. Sheldon croise les bras, sceptique, et me dévisage de ses iris sombres, qui arrivent parfois à me flanquer la frousse, lorsqu’ils sont en colère.
- Qu’est-ce que je viens de dire ? Me teste mon ami qui se métamorphose doucement mais sûrement en chieur hors-normes. Je soupire et lève les yeux au ciel.
- T’es qu’un casse-couille ! T’as dit que Lindsay t’avais fait poireauter une demi-heure dans un magasin avant de dire que la robe ne lui plaisait pas, que tu ne sais pas si tu dois inviter ton oncle parce qu’il t’a quand même accueilli pendant deux semaines quand t’avais plus de tunes, et aussi que t’aimerais qu’Andreas et moi on te file un coup de main pour les préparatifs le soir même puisqu’on s’est si gentiment proposés quelques mois plus tôt.
Je lui lance un regard entendu qui souligne bien mon exaspération. Sheldon esquisse un sourire qui me contamine.
















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