
– Rien ne t’oblige à me côtoyer si tu me trouve chiante ! Cingle-t-elle.
Et voilà que la guerre est de nouveau lancée. Tant pis. Tant mieux.
Qui parle de querelle entre nous parle de réconciliation presque imminente. Et bizarrement, ça me réconforte.
- Non, rien t’as raison, à part le fait qu’on partage le même appart’ ! J’enchaîne néanmoins.
- Tu me saoules ! T’es vraiment qu’un gros con, égoïste ! Tu t’en fous que je n’aille pas bien, en fait c’est juste parce que ça te fais chier que les gens ne soient pas exactement de l’humeur que tu voudrais ! Mais comment est-ce que j’arrive à t’…
Elle s’interrompt brusquement, et se mord la lèvre inférieure avec une petite moue désespérée. Je tente de ne pas relever, et me tais, touché par ses paroles tranchantes.
Elle le pense, ce qu'elle vient de dire, et c’est ma faute. C’est ma faute, parce que je n’ai toujours pas trouvé le moyen de lui faire comprendre mon fonctionnement, même en six ans.

Elle se lève sans prévenir, et s’en va se réfugier je ne sais où, peut-être dans la salle de bain ou quelque part d’autre où je ne serais pas à proximité. J’espère qu’elle ne pleure pas.
Non pas que ce petit accrochage soit suffisant pour lui faire verser des larmes, mais elle est tellement à fleur de peau en ce moment que je me mets à en douter.
- Comment tu arrives à m’aimer, Tess ? Je murmure une fois certain d’être seul. Je n’en sais rien, absolument rien.












