
Je la rattrape par le bras. Elle s’arrête, mais ne se retourne pas. Je sens ses membres de tendre d’une manière considérable, alors que je m’approche. Mais seulement un peu. Je ne veux pas me risquer à être trop près d’elle.
La proximité de l’être qu’on aime, sans pouvoir rien faire d’autre que de la constater est une souffrance que je cherche coûte que coûte à lui éviter.- Qu’est-ce qu’il y a ? Me demande-t-elle.
J’ai de la chance qu’une simple intonation de voix ne puisse me tuer, car en cet instant je serais déjà inerte sur le sol.
- Tu es venue me voir, il devait bien y avoir une raison, non ?
Elle se retourne vivement, et m’accuse du regard. Je reste impassible, malgré ma gêne. C’est difficile de supporter le poids de ces iris pesants sur mes épaules, mais j’y parviens. Après tout, je ne fais rien de mal.
- Je crois que t’es occupé, lâche-t-elle avec un ressentiment qu’elle ne cherche même pas à cacher.
- Si je l’étais vraiment, je n’aurais pas quitté la chambre, je rétorque d’un air à moitié amusé.

Elle écarquille les yeux, et ça me fait sourire. Elle ne va pas tarder à me pardonner, adoptant son habituel air renfrogné lorsqu’elle demeure tout de même un tantinet vexée. Un demi-sourire éclaire à son tour son visage que je vois comme celui d’une femme bénéficiant d’un amour autre que celui qu’elle avait escompté.
- Espèce de goujat… Murmure-t-elle, bien loin d’être convaincante.












