
Je passe une main dans ma poche, et en retire une petite liasse de billet. Et voilà le loyer, pour les quatre prochains mois à venir.
J’aurais un temps de sursis… Jusqu’à la prochaine fois.
Je n’ai pas envie d’aller dormir, surtout pas dans cette pièce occupée par ma sœur. Je m’assieds sur le canapé, rongée d’envie d’allumer la télé, ne le faisant pas, soucieuse de les réveiller tous.
Je tourne en rond. Je crois que c’est une bonne manière de résumer ma présence ici.

Je ne sais pas ce que j’attends, mais ce qui est sûr, c’est que je surveille son arrivée avec une vigilance hors du commun. Seulement, comment reconnaître ce « quelque chose », si l’on ne sait même pas ce qu’il est vraiment ?
Je fais la liste de ce qui pourrait correspondre à mes espérances.
Une issue de secours. De l’espoir. Du bonheur. De l’amour. Le pardon de chacun. Du réconfort. Une issue de secours… Une issue…
Je me rends compte du problème. Aucune de ces attentes n’est matérielle. Aucune de ces attentes n’est commerciale.
On ne peut pas attraper le bonheur à pleine main, on ne peut pas le sentir sous ses doigts. On le ressent à l’intérieur, quelque part au niveau du cœur.

Alors comment puis-je attendre indéfiniment quelque chose qui n’arrive qu’aux moments les plus impromptus ?
Je désespère. Je regarde une nouvelle fois mon poing, très fermement serré autour de l’argent. Je ne suis pas fière de moi. J’en ai même envie de me punir.
Comment est-ce que je peux souhaiter avancer, si tous mes pas tendent irrésistiblement vers le passé ?
Je remets les billets dans ma poche.















