
Je l’écoute me crier dessus sans vraiment croire à ses paroles. Pourtant, elles sont si réelles, se prenantes que je ne peux que les repasser sans fin dans ma tête. « Ne me demande jamais de choisir… »
Même après le drame du trois septembre ?
« Ne me demande jamais de choisir… »
Même après ce qu’elle avait fait ?
« Ne me demande jamais… »
Je me résigne. Il a raison. Je ne peux pas lui demander ça. Je n’ai jamais été égoïste de nature, je refuse de le priver de quoi que ce soit. S’il n’est pas capable de la détester autant que moi, je n’ai pas le droit de l’y forcer. C’est mon frère, c’est… notre frère.
Nous avons toutes deux droit à son amour, même si l’admettre m’arrache la gorge. Il est le seul pilier auquel se raccrocher dans ce chaos.

- Je suis désolée… Je m’excuse, de plus en plus honteuse.
Je me rends compte de plus en plus à quel point je viens de me comporter de manière tyrannique. Presque franchement effrayante. Ca ne me ressemble pas, tellement pas !...
Je n’étais pas comme ça avant ! Tout était si différent…- Qu’est-ce qu’il s’est passé, le soir du trois septembre 1996, Lyra ? Me demande-t-il alors.
Je le dévisage sans comprendre le sens de sa question.
- Tu sais très bien ce qu’il s’est passé !












