
Je m’avance dans la petite pièce carrée qui sert de cuisine pour me faire un café, et me dirige vers la table dans le séjour.
Là, je sursaute, et renverse la moitié de mon breuvage sur le sol. Mon cœur continue de battre la chamade, même après que je me sois rendue compte qu’il n’y a personne de qui je dois avoir peur.
Le rouquin de la veille, Clint, si ma mémoire ne me fait pas défaut, s’y tient assis, en compagnie d’un jeune homme brun, très pâle.
Mon nouveau colocataire me foudroie du regard, tandis que je porte à ma bouche le doigt que je me suis ébouillantée à cause du café.
- Mais qu’est-ce que tu fous là ?! M’agresse Clint.
Pas de « bonjour », pas de « comment tu vas ? ». Juste une remarque bien sentie qui me fait plus que jamais sentir comme une intruse.
- Bonjour à toi aussi ! Je rétorque immédiatement. Comme tu vois, je prends un café.
Il lève les yeux aussi, tandis que le brun nous regarde alternativement.
- Ne joue pas sur les mots ! Me prévient-il. Je voulais dire pourquoi tu n’es pas au boulot ?
J’hausse les épaules, et je m’assieds, tandis que le roux attend sa réponse avec une pointe d’impatience.
- J’avais un boulot jusqu’à hier. Mais plus maintenant.
Clint émet un petit rire dénué de joie. Seuls l’animent le sarcasme et le mépris. Il ne m’aime pas. Et c’est réciproque.












