
– Pourquoi tu recule ? Me demande mon frère.
- Je ne vaux rien, c’est ça ? Je l’agresse. Je lui suis inférieure en tout point !
- Mais de quoi tu parles ?
- Mais de Lyra ! Je crie tellement que ma gorge me fait mal. Pourquoi est-ce que la compassion va toujours en sa faveur ? Pourquoi est-ce qu’on me méprise tout le temps ?! Même toi tu es comme ça ! De toute façon…. Tu tiens plus à elle qu’à moi !
Oui, elle avait toujours été « sa » protégée. Lorsque petite, elle tombait, qu’elle s’écorchait le genou, c’était Kendall qui la réconfortait, et nos parents arrivaient juste après lui pour en rajouter. Lorsque nous nous disputions, c’était de ma faute, c’était moi que Kendall réprimandait.
Et pourtant, je ne disais rien, parce que je l’aimais, je les aimais tous les deux, et les voir heureux était plus important que tout. Mais aujourd’hui, c’est différent. Aujourd’hui, c’est moi qui souffre, c’est moi qui ai besoin de la tendresse d’un frère.
- Tu dis n’importe quoi, Tess. Me lance-t-il d’une voix blanche. Comment est-ce que tu peux même avoir cette pensée ? Je sais que tu as autant souffert que Lyra il y a huit ans, je sais qu’elle t’en veut injustement… Alors arrête de te morfondre, s’il te plaît, si tu ne comptais pas tout autant qu’elle, je ne serais pas assis là à t’écouter !
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J’acquiesce. Il a raison. Et je le sais très bien, mais cette effusion de sentiment m’empêche d’être réaliste. Mon esprit se métamorphose en un tourbillon de pensées et de doutes. Tout n’est plus qu’un gouffre, un immense trou noir qui m’absorbe petit à petit, un incendie impossible à éteindre, qui me consume lentement, mais sûrement.
- Ne te laisse pas tellement perturber par son retour, me conseille Kendall.
Mais je suis tellement perdue dans mes pensées que je l’entends à peine.













