
Malheureusement, Tess semble décidée à me donner plus. Sans même que je ne m’y attende, elle m’attire vers elle, et referme ses bras autour de mes épaules. Elle m’enlace comme deux jumelles ordinaires se seraient enlacées après ces « long time no seen » des films américains. Cependant, cette embrassade n’a rien de touchant ni d’agréable, pour moi, du moins. Ses cheveux me chatouillent la peau, de leur odeur insupportablement florale. Cette même senteur que ma sœur trimballe avec elle depuis sa naissance. Ce parfum qui ne sert qu’à me donner des nausées.
Elle me sert trop fort, et je sens que je vais étouffer. Je suis tellement surprise que j’en deviens démunie. J’ai l’impression qu’elle est secouée d’un sanglot, car son dos commence à trembler, mais en réalité, je ne tarde pas à me rendre compte qu’elle rit.

Elle rit vraiment ! Ce bruit qu’elle émet du fond de sa gorge est ponctué par une pointe d’hystérie qui laisse comprendre qu’elle est, en quelques sortes, en train de craquer. C’est d’ailleurs, l’élément qui fait que je retrouve mes moyens. Comment ose-t-elle se laisser aller ainsi, et qui plus est, dans mes bras, alors que moi je résiste à l’envie de tout laisser exploser depuis bien des années ? Elle n’a pas le droit de rendre les choses si faciles, c’est injuste, tellement injuste que ça devient rageant.













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