
Je dois dire que je suis soulagée d’une chose ; nous ne nous ressemblons plus beaucoup, elle et moi. Ses cheveux sont devenus plus clairs, les miens se sont obscurcis. Nos traits se sont affinés de façons différentes. Même si nos liens du sang sont visuellement indéniables, personne ne devinerait que nous sommes nées le même jour. Je crois que la seule chose que nous avons gardé en commun, ce sont nos yeux. Notre mère nous disait toujours que nos prunelles étaient des siamoises. Je pense qu’elle avait raison.
- Lyra… Chuchote ma sœur, incrédule.
Je réponds par une moue narquoise. Bien sûr que c’est moi ! Qui d’autre, le pape en maillot de bain, sans doute ! Je mets les mains sur mes hanches, et décide de clarifier tout de suite la situation.
- Laisse-moi t’éviter de faux espoirs. Je ne suis pas ici pour t’excuser, mais pour te demander un service que tu es la seule à pouvoir m’accorder. Crois-moi que si je pouvais faire autrement, je le ferais.
Tess se renfrogne instantanément, et je pousse un rugissement de victoire intérieur. Je prends la tête de ce combat désagréable dès le départ. Je ne laisse pas place au doute, ni à l’espoir, je me contente de rapporter les faits. Mon interlocutrice semble blessée. Oh, à quoi pouvait-elle bien s’attendre en me voyant débarquer chez elle, aimable comme une porte de prison ? Un gros câlin, et des embrassades, pareil à ces films à l’eau de rose que l’on voit souvent à la télé ? Ha ! Non, pas avec moi. Car je vis dans un endroit que l’on appelle le monde réel.












