
– Salut, lance-t-elle timidement à l’adresse de son ami.
Celui-ci sursaute, fait volte face, et braque sur elle un regard assassin. Camilla se sent tressaillir. Elle n’a jamais eu la force d’affronter sa colère, qui la consume à chaque fois qu’elle en est l’élément déclencheur.
- Quoi ? Aboie-t-il d’une voix rauque.
- Lyra est en bas si tu veux…
- Je m’en fous.
Elle n’ose plus bouger, trop apeurée de faire quoi que ce soit de travers. Elle ne supporte pas son rejet, et préfère ne pas prendre de risques. Elle le connaît, maintenant. Elle sait quand agir.

Elle se tait donc. Qu’elles que soient les raisons de son soudain énervement, elle préfère ne pas les alimenter. Le silence dure plusieurs minutes, interminables à ses yeux. Puis, le visage d’Andreas se détend, sans que ses iris ne perdent de leur méfiance.
- C’est tout ce que tu veux ? Lui demande-t-il d’une voix plus posée.
Elle sourit faiblement, et s’approche de lui. Trop. Beaucoup trop. Elle se colle à son torse de pierre, et enroule ses bras frêles dans le dos du blond. Il ne bouge pas d’un pouce, et se contente de regarder droite devant lui, fixant obstinément un point sur le mur.
Il ne l’encourage pas. Mais il ne la dissuade pas.

Elle pose ses lèvres dans le cou du jeune homme, et l’embrasse doucement. Elle frémit au contact de sa peau. Elle frémit à sa présence, tout court.
Elle remonte vers ses lèvres. Andreas semble se réveiller.
- C’est pas une bonne idée, lance-t-il, toujours aussi froid, tandis que sa bouche n’est plus qu’à quelques millimètres de celle de sa meilleure amie.
- Tu me manques, répond celle-ci désespérément. Juste pour ce soir… Je ne t’en demande pas plus.
- Non, répète-t-il, inflexible.
Camilla se détache brusquement de lui, et s’écarte de plusieurs mètres. Les larmes menacent de se montrer, mais elle lutte intérieurement. Elle sait combien son amant à horreur des pleurs.

Sa façon de ne pas réagir plus que ça la frustre au plus haut point. Pourquoi n’exprime-t-il aucun autre sentiment que la froideur absolue ? Un bloc de glace, ni plus ni moins.
Il ne semble même plus en colère, ni amusé, ni rien, rien, absolument rien.
C’est comme si un vide l’habitait sans cesse, créant un trou noir intérieur qui absorbe tout sentiment possible.
Il à l’étoffe d’un robot. Et peut-être plus que l’étoffe.
- T’as raison, préfère-t-elle la colère aux plaintes, vaut mieux pas que je te voies à poil ! Je risquerais de remarquer les piqûres sur tes bras !





















