
- Arrête de faire chier et PARLE-LUI ! Hurle soudain Andreas.
Je me fige, et résiste non sans mal à l’horrible tentation de me retourner pour lui faire face. L’entendre exploser de la sorte c’est… Inhabituel. Voire improbable. Alors, cela lui arrive, à lui aussi ? Alors, il peut parfois réagir comme un être humain ?
- Andreas… Commence Jake avec un air de reproche dans la voix.
- Quoi ? Vocifère celui-ci avec férocité. C’est ce que tout le monde veut non ? Qu’elles s’expliquent enfin pour que chaque pièce où elles se trouvent côte à côte ne se transforme pas instantanément en boucherie ?! Mais bien sûr, personne ne fait rien ! Vous voyez bien que l’une est aussi conne que l’autre, elles n’iront jamais se parler d’elles même, alors au lieu de vous plaindre, faites quelque chose, merde !

Un léger silence se fait sentir, durant lequel je crois mes bras sur ma poitrine, en signe apparent de refus. Il peut espérer tant qu’il veut, je ne dirai rien. Parce qu’elle sait parfaitement pourquoi je lui en veux, bien qu’elle choisisse de jouer les innocentes aux yeux de tous. Je ne viderai jamais mon sac devant elle, parce que je n’en ai pas besoin.
Doucement, Jeffer se rapproche de ma sœur, et pose une main dans le bas de son dos.
- Pour une fois il n’a pas tord… Tu devrais essayer.
- Tu rêves ! Rétorque-t-elle. Je ne veux plus rien avoir à faire avec elle !
- Tu dis des bêtises, Tess… Lance-t-il. Non, tu dis même de grosses conneries. Ca te bouffe de la voir te détester comme ça, et tout ce que tu souhaites, c’est que ça s’arrange Ne dis pas le contraire, parce que j’ai raison, et tu le sais très bien.

J’ai l’impression qu’à la fin de chaque parole juste et posée, il est de tradition de se taire pour imposer aux autres un silence de réflexion. Cette fois-ci ne fait pas non plus exception à la règle. Un ange passe, tandis que je retourne dans ma tête toutes les possibilités que s’offrent à moi afin de sortir d’ici, sans qu’Andreas ne m’en empêche. D’ailleurs, qu’est-ce qu’il lui prend à celui là ? Pourquoi est-ce qu’il s’acharne de la sorte ? C’est tout, sauf son genre. Et je sais très bien qu’il s’en fout, que nous nous détestions ou pas… Alors quel est son but ?!
Sans que je ne l’aie vraiment remarqué, la distance entre Tess et moi s’amenuise. Ma sœur vient de perdre son masque de dureté pour me regarder d’un air implorant.

- Lyra…
- Ne gaspille pas ta salive, je la rembarre.
Et alors, soudainement, sans que je n’aie eu le temps de le prévoir, elle m’enlace, tandis que par réflexe, je serre encore plus les bras sur ma poitrine.
Son contact. Sa chaleur dérangeante. Sa présence répugnante. Son existence accablante.
SALOPE !




















