21  posté le dimanche 10 février 2008 20:29

 

Sa mauvaise humeur s’évapore comme une goutte d’eau en plein désert lorsqu’il a parfaitement reprit ses esprits. Mon frère n’est jamais mécontent de me voir, et vice-versa. C’est un lien fort qui nous unit, un lien qui n’a jamais cessé d’exister, un lien qui continue de rattacher trois personnes l’une à l’autre, et ce à jamais, même si Lyra, elle, semble tout faire pour l’ignorer. Ou du moins, avec moi.

Il se lève, et me prend rapidement dans ses bras.

 

 

 

- Ah, merde, je suis à moitié à poil, marmonne-t-il. 

 

- Une fois n’est pas coutume, je ris. Je ne suis pas choquée, tu sais, t’es mon frère.

 

- N’empêche ! Me contredit-il avant de filer dans sa chambre pour se changer rapidement.

 

Quant à moi, je descends les escaliers, sachant d’ores et déjà que nous allions discuter quelque part dans la cuisine ou le salon.

J’aime cette maison, malgré ses airs désordonnés. Elle reflète la convivialité et la joie. Deux sentiments aussi légers qu’une plume.

Une voix parvient à mes oreilles, une voix féminine que j’identifie tout de suite. Elle est douce, calme et un peu chantante.

 

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22  posté le dimanche 10 février 2008 20:36

 

Je m’assieds sur un canapé blanc, attendant patiemment qu’elle finisse, ce qui ne tarde pas à arriver. La jeune femme blonde se trouve assise à mes côtés en moins de deux secondes. Sa peau est plus claire que la mienne, ses yeux plus profonds. Elle à des airs de poupées de porcelaines, de ces poupées desquelles on a envie de prendre soin.

 

 

-Salut ! Me dit-elle avec un sourire.

 

- Salut, Camilla, je réponds. Tu vas bien ?

 

 Apparemment, c’était la question à ne pas poser . Elle se renfrogna légèrement, et ses traits d’affaissent. Elle n’est pas du genre à montrer qu’elle ne va pas bien, mais en la connaissant un minimum, certains signes ne trompent pas. Cette façon obsessionnelle de jouer avec ses mains, par exemple.

 

- Qu’est-ce qu’il se passe ? Camilla soupire, évitant de me regarder. Elle sait que ça ne sert à rien de me mentir, ni de tenter de me cacher la vérité.

 

- Je viens d’avoir Andreas au téléphone, me répond-t-elle d’un ton plein de sous entendus.

 

 

- Encore et toujours, je soupire.

 

- Encore et toujours, acquiesce-t-elle. Il est frustrant, je ne sais pas ce qu’il veut.

 

Je ne peux que la comprendre. Aussi loin que je m’en souvienne, depuis que je connais le jeune homme en question, ce qui remonte à sept ans auparavant, Camilla à été sa seule relation sérieuse. Près d’un an et demi. Ils se connaissent depuis tous petits, elle est sa meilleure amie.

Leur lien est étrange ; partagé entre l’amour et l’amitié. Pour lui, du moins. Rien que la façon qu’à la jolie blonde de parler de lui laisse un aperçu explicite sur ses sentiments.

Andreas a mit fin à leur liaison depuis presque un an à présent. Depuis, tout entre eux devient conflictuel. Mais ils tiennent trop l’un à l’autre pour réellement s’en vouloir longtemps.
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23  posté le dimanche 10 février 2008 21:33

 

Des bruits de pas que j’identifie comme ceux de mon frère m’empêchent de lui faire part de mes pensées. Elle comprend instantanément que nous avons besoin de nous parler seul à seul, lui et moi, et s’en va sans rien ajouter.

Camilla n’est pas de celles qui font passer leurs problèmes avant ceux des autres.

Mon aîné entre, habillé de la tête aux pieds.

 

 

- C’est bon, me lance-t-il. Alors, qu’est-ce qui t’amène ici ? Un problème ?

 

Je suis un peu vexée par cette réaction de sa part. Comme si je ne suis capable de le visiter que lorsque j’ai besoin d’aide ! Mieux vaut que je fasse l’impasse. J’inspire profondément.

 

- En fait, oui. Enfin, ce n’est pas vraiment un problème, c’est… autre chose.

 

Il fronce les sourcils.Moi-même je dois admettre que cette phrase n’est pas des plus explicites. Je tente de mieux choisir mes mots, mais n’y arrivant pas, je décide d’abandonner les détours, et d’aller droit au but.

 

- Lyra est chez moi.

 

De l’incompréhensive, son expression passe à choquée. Il s’est attendu à tout, sauf à ça, je le devine. Qui, d’ailleurs, aurait pu prévoir cela ?

 

- Tu plaisantes ! Me défie-t-il.

 

- J’en ai l’air ? Non, elle est arrivé hier soir… Et… Elle me déteste toujours autant.

 

- Ca, fallait t’y attendre ! Cingle-t-il.

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24  posté le dimanche 10 février 2008 21:37

 

 

Ca fait mal. Très mal. Trop mal. Surtout de la part de Kendall.

Il est le seul à m’avoir jamais soutenu, à savoir que tout cela… Que tout ce qu’il s’était passé, je ne l’avais jamais voulu. Jamais, jamais, jamais…

Alors comment peut-il me dire qu’il est normal que ma jumelle m’en veuille à mourir, d’un ton aussi banal que s’il m’avait demandé l’heure, mais pourtant si brutal, si… féroce ?

Se rangeait-il de son côté, à elle ? A ma sangsue tenace qui semble en cet instant me mordre plus profondément que jamais ?

  

Elle a soif, elle veut du sang. Non, elle veut mon sang. Elle veut que je souffre, Oh, oui, que je souffre jusqu’à en perdre la raison. Elle a soif… Elle a soif.

 

 

  

Sans prévenir, Kendall m’enferme dans ses bras. Je me rends compte que je pleure à chaudes larmes. J’essaye de lutter, mais je n’y arrive pas. Plus je résiste, plus mes yeux s’humidifient. C’est inutile.

  

- Pardon, me souffle mon frère. Je ne voulais pas te dire ça.

  

- Si tu le voulais… Je souffle brisée.

  

Je le connais assez bien pour savoir qu’il ne dit pas les choses à tout venant. Ce qu’il pense, il l’exprime haut et fort.

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25  posté le dimanche 10 février 2008 21:51

 

- Je ne l’entendais pas comme ça ! Se reprend-t-il, peinant à cacher son impatience que je ressens tout de même. Je voulais dire que… Tu ne peux pas attendre d’elle qu’elle te pardonne du jour au lendemain.

 

Ma frustration s’agrandit considérablement.

 

- Huit ans ! Je hurle. Huit ans que nous ne nous sommes pas vue ! Tu appelles ça « du jour au lendemain » ? Moi pas !

 

- Probablement pas, admet-il. Mais elle est revenue… C’est sans doute pour une bonne raison. Donne-lui le temps de s’habituer.

 

 

Je me retire de son étreinte, les larmes s’arrêtent. Il la défend, comme toujours. Parce que Lyra Gray est celle à qui l’on a fait du tort. Lyra Gray est celle qui a besoin d’amour. Lyra Gray est celle qui a besoin de réconfort, de tendresse.

Mais que me laisse-t-on, à moi ? Un sentiment inépuisable de culpabilité injustifié ? Est-ce la seule chose que l’on pense à m’offrir ?

Considère-t-on que je n’aie pas le droit de combler ce vide qui troue ma poitrine, cette immense plaie béante dû au manque d’amour ?

Je me suis toujours sentie tellement minable… On m’ignore, on me délaisse. J’ai toujours été « la jumelle de Lyra ». Maintenant je suis l’ennemie de Lyra. Jamais je ne suis Tess, simplement Tess.

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