
Clint
Je crois que je vais casser l’ambiance précédente, mais… Putain, quel est le con qui me réveille à dix heures du mat’ ? Ouais, je sais pas, c’est pas tôt… Et ben pour moi, si, c’est tôt. C’est même l’aube. Il est inhumain de réveiller les gens à une autre aussi indécente. Surtout lorsqu’on s’est tapé une bonne cuite la veille, un peu comme moi, quoi. Jurant de tous les diables, je m’extirpe avec difficulté de mes couvertures pour aller répondre illico presto. Manquerait plus que je rate l’appel, tien… Quitte à me faire réveiller, autant que ça serve à quelque chose ! D’un pas lourd, j’avance dans le couloir pour enfin arriver devant le combiné dont je m’empare sans douceur.

- Allô ? Je lance d’une voix pâteuse et peu engageante.
- Bonjour, lance une voix vaguement familière, j’aimerais parler à Clint Lawson…
- C’est moi, je soupire, las.
Génial. Les gens qui m’appellent ne savent même pas me reconnaître. Cette femme et moi ne devons pas être de très bons amis, ou alors nous ne nous sommes pas vus depuis des lustres, si elle n’arrive même pas à identifier ma voix. Quoi que… C’est pareil pour moi.
- Oh, bonjour Clint, lance-t-elle alors. C’est Adriana, tu te souviens ?
Ce nom me fait l’effet d’un coup en pleine gueule, mais je m’en remets passablement bien. A la place d’exprimer ma surprise quant à l’appel de celle-ci je ricane ;
- Adriana… Oui la nouvelle salope… Euh, pardon, femme de mon père… Oui, oui, je vois très bien.

Et le pire dans tout ça, c’est que je suis fier de moi. Je suis vraiment quelqu’un d’étrange. Je sais parfaitement que je ne suis qu’un pauvre con, le revendique, et j’en abuse. Mais ce n’est tellement pas un problème à mes yeux…
- Tu n’as vraiment pas changé, constate-t-elle un peu tristement.
- Et vous, vous avez changé ? Je rétorque du tac au tac, parce qu’autant que je m’en souvienne, mon père à toujours été un aimant à putes… Faites gaffe, avec l’âge, vous allez devenir vulgaire… Bon, sinon, que me vaux l’immense plaisir de cet appel ?
Se moquer. Poignarder. Rabaisser. Ces trois règles d’or s’appliquent à toutes personnes approchant de trop près mes parents.

Sauf ceux qui s’en approchent pour leur faire payer, évidemment. Je crois que la seule femme que j’aie jamais appréciée ayant été avec mon père, c’est la première qu’il a réellement aimée.
Celle avec qui il a eu ma sœur, mais celle qui a eu le bon sens de se barrer, se rendant compte qu’il n’était qu’une énorme pourriture. Lynn Denzell était partie, emportant ma sœur, Leah, avec elle. Sœur que je ne vois presque jamais, puisqu’elle n’est venue me rendre visite que très, très rarement, mais que je connais néanmoins par cœur, que j’apprécie, et que j’aime inévitablement.





c'était la meilleurrìe histoire de Gwen je crois...





















