
Andreas
Il fait tiède, dans le studio d’enregistrement de notre groupe. Je me trouve dans la salle ou nos musiques sont enregistrées, tapis dans la pénombre, j’attends que le temps passe. Je n’ai pas envie de lumière. J’ai l’impression qu’elle va me révéler au grand jour. Celui que je suis. Celui qui ne ressent plus rien, celui qui se fout de tout, et qui pourrit la vie des autres. Ou plutôt… Celui qui a envie de ne plus rien ressentir. Parce qu’en réalité… En réalité, un rien me blesse. De moins en moins, évidemment. Plus le temps passe, et plus je deviens la réplique exacte de celui que je prétends être. Un fou impassible. Un fou, un vrai… Un fou de douleur, un fou de vivre… Car s’il y a une chose que je ne crains pas, c’est la mort. Je l’attends, même. Quel soulagement cela sera…

J’aimerais que ma vie soit aussi simple que lorsque je me pique. Une simple rigolade, ces moments ou, réellement, tout m’indiffère. Qu’est-ce que c’est bien… Qu’importe, si le bonheur est artificiel. Je n’ai besoin que de trois choses pour continuer à vivre sans que ça ne soit insupportable. Le sexe sans engagement, la drogue, et l’indifférence. Et puis… Elle aussi. Je secoue la tête, et mon visage s’anime d’un sourire narquois. Je ne sais plus sourire simplement. Elle… Non, c’est différent. Elle, elle aurait pu être ma vie. J’aurais pu l’aimer, moi qui n’aime personne. Mais c’est tant pis. Je dois m’en foutre… Je ne dois pas y attacher d’importance… Je dois m’en foutre.

Ca y est, je m’en fous. En fait, je crois que je suis vraiment très semblable à la personne que les autres perçoivent en moi. Un fou, mais pas de douleur. Un fou à lier. Un fou de ne rien ressentir.
A côté de moi, une toute petite silhouette bouge.
- Tu veux vraiment pas allumer la lumière ? Rouspète une gamine rousse.
- Non, je lui réponds tout en lui décrochant une expression un peu plus tendre que celle que j’adresse aux autres. C’est bien, le noir, aussi…
- Non, ça me fait peur, rétorque Cloe.
- Quoi, ne me dis pas que t’as peur avec moi ?! Je fais semblant de m’indigner tout en passant un bras autour de son cou pour illustrer les paroles qui s’apprêtent à suivre. Quoi que, t’as raison, j’suis un bouffeur de morveuse moi !

- J’suis pas une morveuse ! Se défend ma sœur vivement.
- Si t’es une morveuse ! Et des comme toi, j'en bouffe tous les matins au petit déj', moi ! D'ailleurs ça me réussit ! J'suis beau gosse, hein ?
- Non !
- Menteuse ! Si j'suis beau gosse ! Et toi une morveuse !
- NON !
- Siii, je chantonne pour l'exaspérer d'avabntage.
- Pff, t’es encore plus un gamin que moiiii !
Je ne réponds rien, cette fois. Mon regard se perd dans le vide à l’entente et écoute de ces paroles. Oui, je suis un gamin. Un grand gamin. Qui n’a pas su, ou plutôt, pas pu, profiter de ses années d’innocence.





























)
?
?
*
Mais
il est beau quand il souffre nan
puis
je me penche un peu sur les cas des personnages secondaires, mais
pas d'inquiétude, nos 4 narrateurs principaux, a savoir
Lyra, Tess, Clint et Kendichou reviendront aussi



