
Andreas se rapproche doucement de la jolie blonde et lui attrape la main. Son geste est emprunt d’une douceur que j’envie et jalouse.
Il se pose devant elle, silhouette imposante contre une fragile, et braque son regard dans le sien. Si je ne le savais pas étranger à l’amour, j’aurais juré qu’il était amoureux d’elle. Je tente de ne pas les observer, mais il est trop tard. La scène m’hypnotise de plus en plus, chaque mouvement esquissé semble mériter ma plus grande attention.
Il approche son visage d’elle.
- Tout va bien, Cam ? Lui glisse-t-il, d’un ton tout de même assez fort pour que je puisse l’entendre.

Elle acquiesce doucement, et cela m’exaspère. A sa façon de prendre un air de martyr, il est évident qu’elle ne va pas bien. Je me demande comment fait cet homme pour porter une si grande affection à une pareille cruche… Et mon aversion pour elle n’est pas le fruit d’un quelconque sentiment de jalousie.
- Qu’est-ce qu’il y a ? Reprend-t-il.
- Je… Rien, rien… Lui assure-t-elle en s’octroyant le titre de la plus mauvaise actrice de tous les temps.

Le jeune homme lui attrape le menton entre le pouce et l’index et la force à le regarder. C’est le moment ou je devrais, moi, détourner les yeux. C’est le moment où je choisis de me briser le cœur.
Elle le fixe, presque larmoyante, et il l’embrasse, son torse nu collé contre sa poitrine. Il l’embrasse, tellement lentement qu’il donne presque l’impression de vouloir lui communiquer une certaine tendresse.
La scène en serait presque émouvante, belle et pleine d’émotion, si nous ne savions pas tous que c’est déjà arrivé un million de fois par le passé, dans le simple but de la mettre à ses pieds.

La scène en serait presque émouvante, belle et pleine d’émotion, si ce beau garçon n’avait pas passé une nuit des plus animée en ma compagnie pour se comporter comme le dernier des salauds le lendemain. Il faut vraiment que j’arrête de penser à ça…
Blessée ou non, attirée ou non, manipulée ou non, il ne le saura jamais.
C’est une sorte de promesse envers moi-même.
Andreas continue d’embrasser Camilla, et je laisse un sourire croître sur mes lèvres. Simple façade, simple simulation. Je crois bien que j’ai peur d’oublier un jour ce que signifie la simple notion de rire. J’en ai tellement l’occasion, depuis quelques années…
En un éclair, j’aurais juré avoir aperçu le regard d’Andreas se tourner imperceptiblement vers moi avant de repartir sur son amante provisoire.
Je l’aurais vraiment juré…



































