
Je fais fi de tous ces tourments inutiles et destructeurs, et je me lève lourdement. Tentant tant bien que mal d’effacer ce magnifique visage angélique qui se promène dans mon esprit, je sens mes yeux partir à la quête de mes vêtements disparus. Je ne les vois nulle part. Alors, mon regard se pose sur l’armoire qui meuble la chambre d’Andreas. Soupirant, je m’y dirige, priant le ciel pour y trouver quoi que ce soit qui se rapproche de près ou de loin à un vêtement féminin.
En effet, c’est ce que j’y vois. J’ai l’impression de reconnaître une tenue déjà vue sur Camilla, et m’en empare avec un léger pincement au cœur. Il l’a touchée, et pas très longtemps auparavant.

Je dois arrêter d’y penser. Il n’est pas pour moi, ne sera jamais pour moi, et par-dessus tout ne doit pas être pour moi. Je commence même à me demander s’il existe une seule femme sur terre qui lui est destinée. Après tout, peut-être est-il fait pour rester seul ?
Homme sauvage et solitaire, jusqu’à la fin de sa vie. Comme cela me paraît triste, soudainement. Cependant, mon élan de compassion ne dure pas. Il se transforme petit à petit en une colère tellement légitime que je me demande pourquoi j’ai mis tant de temps avant de la ressentir.
Une rage qui lui est directement adressée, bien évidemment. Il s’est servi de moi, je le sais pertinemment, et je l’ai laissé faire. Néanmoins, il en a profité. Un homme pourvu d’un minimum de morale n’aurait jamais agit de la sorte. Jamais. Mais après tout, qui a jamais prétendu qu’Andreas était un homme normal ?

Personne, et certainement pas moi, même ensevelie sous mes sentiments mièvres et stupides.
Sentiments mièvres et stupides, oui. Peut-être me suis-je laissée emporter par une affection particulièrement forte ? Peut-être, en dépit de ce que je me suis échinée à contredire, j’avais en fait été à la recherche de l’amour, et qu’une simple et stupide attirance avait faussé mes réelles émotions…
Oui, c’est sans doute cela. Je n’aime pas Andreas. J’ai simplement été bernée par sa beauté et ses airs inaccessibles. Peut-être cette éternelle souffrance qu’il penser masquer a-t-elle joué en sa faveur, je ne sais pas… Cependant, souffrance ou pas, ce n’est soudain plus assez pour atténuer mon ressentiment. J’en ai marre. Marre qu’il manipule tout le monde de façon parfaitement consciente, et qu’il n’en éprouve aucun remords. Je me demande même s’il estime réellement ses meilleurs amis, à savoir Jake et Camilla.

Cette pauvre femme en a déjà vu de toutes les couleurs avec lui. Est-il vraiment aussi protecteur que l’on me l’a déjà raconté, lorsqu’elle se trouve dans une situation embarrassante ? Je n’arrive plus à y croire. J’aimerais le voir, une fois, seulement une fois, et obtenir la preuve qu’il n’est pas une sorte de robot sans aucun sentiment sous le masque que constitue sa peau.
Quel con, mais quel con… Pire, c’est tout bonnement un salaud, un enfoiré…
J’en arrive à me demander comment il parvient à ne pas se faire rejeter par ses proches, qui semblent tant tenir à lui, en dépit de leur désespoir provoqué par la manière d’agir de ce charmant blond.

































