200  posté le mercredi 16 avril 2008 17:03

 

Tyler passe à côté de la fenêtre dans laquelle il peut voir son reflet. Il regrette d’être venu sans le regretter vraiment. Il faut comprendre ce pauvre jeune homme torturé de la life, il est doté d’une logique incomparable. Mais bon, il était pressé de rencontrer Andreas, qui, lui aurait-on dit, était pire que lui niveau iceberg attitude. Il n’est pas déçu, mis à part que celui-ci est blond… Il ne sait pas pourquoi, mais pour lui, un insensible en puissance ne devrait pas être blond. Parce que tout le monde devrait être comme lui, oui, le monde devrait être rempli de petits Tyler miniature, ou non miniature d’ailleurs.

 

 

Certains même existent vraiment en version non pixellisée, Gwen à d’ailleurs déjà vu son portrait craché version être humain, elle a même lancé des avis de recherche dans tous les bus numéro 45 de Bordeaux.

Le jeune homme contemple son reflet, et pousse un léger soupir. Tant de beaugossitude, cela ne devrait pas être permis. Quoi que si, justement, ça doit l’être. Et d’ailleurs tant mieux puisque ça l’est…

Grand dieu, qu’il est con quand il s’y met !

 

 

Un peu plus loin, les deux mamies also known as Miza et Gwen sont en pleine discussion philosophique, comme à leur habitude.

 

- Youhouuuu endroit prévuuu !

 

- Gwen ! Réprimande la blonde Miza, tu crois vraiment que c’est le moment de penser aux deux minutes du peuple là ? ON A QUAND MEME ANDY ET TYTY REUNIS DANS UNE MEME SALLE, MERDE ! Le sens des priorité ça s’apprend, espèce de mamie sénile !

 

- Hééé hoooo, tu sais ce qu’elle te dit, la mamie sénile ? Bicolorisation nanmaisho ! OMG TYTYYY ! Crie Gwen en apercevant Tyler seul dans un coin.

 

 

- ANDYYYY ! Hurle Miza en constatant que le blond de ses fantasmes se tient également en retrait.

 

D’une même pensée, ces deux là se disent que la prochaine fois, ils feront enfermer ces deux folles dans une salle avec Brian Joubert, qu’il souffre un peu lui aussi, ce vis champion de patinage…

Andreas parvient à échapper à sa groupie en attrapant soudain Camilla par la taille et l’obligeant presque à danser avec lui pour se fournir un alibi, tandis que Tyler se retrouve seul, sur le canapé. Mais après tout, il s’en fout. A la limite, il va tirer son coup avec cette petite blondasse insignifiante comme il l’a fait avec Stacy. Les nanas sont toutes des chiennes, et il les fera toute payer, que ce soit dans Never Again ou dans September Third.

 

 

- Tain j’ai envie de soupe à l’ognon là… Grogne soudain celui-ci contre toute attente.

 

Gwen se fige tout d’un coup. Elle regarde son prince charmant et un large sourire éclaire son visage. Elle sait comment lui faire plaisir !

 

- MIZA ! Beugle-t-elle.

 

- QUOI ?!

  

 

- VIENS CHE Z MOI ! On va faire la soupe à l’ognon.

 

- Gnééééé quewaaa ?? T’es pas folle ? Y a Andy juste devant moi et toi tu veux qu’on aille faire une stupide soupe à…

 

- RANAF ! Discute pas, Tyty a dit soupe à l’ognon, alors il aura de la soupe à l’ognon ! Allez, bouge toi, mamie en vacances va !

 

Et la blonde hystérique attrape sa mamie préféré par le bras sans lui laisser le temps de répliquer, parce qu’elle a raison et que Miza a tort, ce qui n’est pas nouveau…

 

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201  posté le mercredi 16 avril 2008 17:14

-> Attentions mesdames et messieurs, Clint s'apprête à faire apparaître et disparaître une tasse de café sous vos yeux ébahis, tout ça en un seul article ! C'est tout à fait normakl, oui oui

 

  

Quant à moi, qui ai suivi la scène d’un air consterné, je ne m’attarde pas plus longtemps sur ces deux cas sociaux qui, je dois le reconnaitre, sortent du lot, et de loin.

Une présence chérie et redoutée se fait sentir tout près de moi, et mes poings se crispent.

 

- Clint… Commence Emily.

 

Je ne réponds rien, obstiné à fixer le mur devant moi. Si elle attend une réponse, elle peut toujours rêver. Elle n’aura rien, absolument rien de moi. Ni même un regard, ni même une parole, ni même un geste. Rien. J’aimerai rester totalement indifférent, mais je ne peux pas. Donc je feins de l’être. Tant que je suis le seul à connaître la supercherie, tout va bien.

 

 

Elle se rend compte que je ne dirai jamais rien et se résigne et se levant et s’éloignant. A mon grand regret, sa place est aussitôt prise par quelqu’un d’autre. Qui que ce soit, je n’en ai absolument rien a foutre… Je veux simplement être seul, mais apparemment, le vingt quatrième anniversaire de Jake n’est pas vraiment l’occasion idéale pour réaliser ce désir.

Je tourne légèrement la tête pour apercevoir un Kendall d’une bonne humeur déprimante.

 

- Ca va Clintounours ?

 

 

Clintounours ? Mais bien sûr Kendallounet, mais bien sûr… Continue avec tes surnoms débiles et c’est un poing dans la gueule qu’il va te foutre, ton Clintounours. Il y a vraiment des gens qui font des choses qu’ils ne devraient pas. La preuve, Kendall boit, alors qu’il ferait bien mieux de s’abstenir…

Je ne réponds pas, à lui non plus. C’est la fête ce soir, je me la joue associable pour marquer le coup. Joyeux anniversaire, Jake.

 

 

- C’est Emily ? Demande Kendall soudain très sérieux.

 

Mes amis ont l’incroyable capacité de me saouler aussi vite, voir plus, que l’alcool. Je me force à soutenir son regard pour le gratifier d’une expression d’un morne accablant. Mon ami émet un petit sifflement moqueur avant de lancer ;

 

- Haa oui, c’est bien elle !

 

- Mais putain mais ça vous dit pas de me laisser faire la gueule sans forcément associer mon état à cette pouffe ?

 

- Si t’arrêtais de la rebaptiser à chaque fois par un nom peu chrétien, peut-être que ce serait plus simple, en effet….

 

- Tu m’emmerdes, Ken. Occupe-toi de tes propres problèmes avant de venir foutre ton nez dans les miens.

 

 

 

Tadaaaaaaaan ! {#}{#}{#}

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202  posté le mercredi 16 avril 2008 17:21

 

– Qu’est-ce que tu veux dire ? Fait-il semblant de ne pas comprendre.

 

Exaspéré, je désigné Matthias, qui se tient en retrait, d’un signe de tête. Celui-ci croise le regard de Kendall et détourne aussitôt les yeux, gêné au possible d’avoir été découvert en train de nous épier.

A la vue de mon meilleur ami, Ken laisse échapper un SNI, autrement appelé son non identifié, avant de reporter son attention sur Lesley, plongée dans une grande discussion avec Lindsay.

Leur fierté m’amuse, à ces deux hommes. Ils crèvent tous deux d’envie de se parler, et ça se voit, cependant aucun n’ira faire le premier pas. Je ne sais pas ce qu’il se passe entre eux depuis quelques temps, mais leur relation devient de plus en plus chaotique. A croire qu’ils s’interdisent à toute forme d’amour partagé. Seulement, ils sont condamnés, c’est évident.

 

 

Si moi-même, je le suis, alors je ne vois pas pourquoi pas eux.

 

- Tu vas un jour lui parler ? Je demande en connaissant parfaitement la réponse.

 

- Non, rétorque-t-il comme prévu, pas tant qu’il m’inventera des conneries à dormir debout pour m’éloigner de Lesley.

 

Tout d’un coup, ça m’intéresse. Matt n’est vraiment pas du genre à mentir pour parvenir à ses fins, et encore moins aux personnes qu’il aime et estime. J’interroge mon ami du regard.

 

- Il a clairement spécifié qu’elle me trompait, ricane-t-il, un peu trop moqueur à mon goût. Lesley, quoi ! Comme si l’un de nous était capable d’avoir une liaison…

 

 

Je me mords la lèvre inférieure, m’empêchant ainsi de lancer une remarque cuisante que je risquerai de regretter. Si Kendall a décidé de ne croire d’autre que sa petite cervelle de moineau, libre à lui, bien que je l’aurais pensé un peu plus intelligent. Depuis quelque mois, cela ne fait aucun doute sur le fait que la jolie blonde le trompe, et ça, il refuse de l’admettre. Pour ma part, je ne la blâme pas. Premièrement parce que je m’en fous totalement, et aussi parce que d’un côté, peut-être que le cocu y est pour quelques choses. Ses sentiments refoulés pour Matthias l’ont sans doute fait changer, vis-à-vis d’elle, peut-être se sent-elle seule et surtout délaissée par celui qu’elle aime, ou aimait.

Mais après tout, leurs histoires sont leurs histoires, qu’ils les règlent seuls, je n’ai pas envie de foutre ma merde partout où je passe, ce qui n’est quand même pas loin d’être le cas. Je ne m’appelle pas Andreas Young.

 

- Clint ? Me demande alors Kendall, incertain.

 

Mon silence lui pèse. Tant mieux. J’arrive à le faire douter et se questionner par un simple silence de ma part. Appelez-moi superman. Je suis décidément trop fort.

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203  posté le mercredi 16 avril 2008 17:27

 

– Oui, Ken ? Je réponds d’une voix presque chantante, tant le ton que j’emploie est forcé.

 

- A propos de Lesley, tu…

 

- Je ne dis rien, je ne sais rien, et ne veux rien savoir.

 

Clair, net et précis, sans bavures ni hésitations. C’est ainsi que je dois être si je ne souhaite pas me perdre dans des sentiers que je n’aurais jamais dû emprunter.

Mon ami se lève à son tour. J’ai comme l’impression de faire salon, ce soir…

Les gens arrivent, s’asseyent, me parlent et s’en vont. Bientôt, je mettrai une immense pancarte lumineuse au dessus de la place vacante avec pour slogan ; « Venez ouvrir votre cœur à Clint Lawson, dix euros de l’heure ! ». Je décèlerais une pointe de cynisme dans mes propos depuis un bon quart d’heure que ça ne m’étonnerait pas…

 

 

C’est la seule manière que j’ai pu trouver pour arrêter de penser sans cesse à Emily, et encore, preuve que cela ne marche pas à tout les coups.

Je suis décidément bien faible face à celle qui m’a tant détruit.

J’observe les alentours avec morosité. J’ai décidé que tout me déprimait, ce soir. Voir Lindsay et Sheldon serrés l’un contre l’autre me donne envie de vomir, Jeffer et Tess celle de crier, Lyra et Jake celle de me barrer. Il n’y a qu’un seul véritable couple sur les trois que je viens de citer, et pourtant, ce débordement d’amitié m’écœure. Pour une fois, j’ai envie d’un monde de haine et de souffrance, pour arrêter de me sentir seul, sans arrêt seul…

C’est peut-être pour ça que j’apprécie tant la compagnie d’Andreas. Il a tout aussi mal que moi, au fond de lui, et ne se pavane pas sans arrêt avec un sourire sincère et heureux sur les lèvres. Quelle belle invention que la douleur humaine…

 

 

Je n’en peux plus, non, vraiment plus. Les sentiments m’usent d’une manière inéluctable, et pire, je ne sais pas comment les arrêter. J’ai beau tout essayer, la froideur, l’ironie, rien ne marche. Et je suis bien incapable de me montrer réellement indifférent. Tout ce que j’essaye me parait vain, horriblement vain. Et personne ne le voit…

C’est pourtant ce que je souhaite, en réalité. Être vu, sans avoir besoin de crier au secours… J’aimerais que les gens viennent vers moi de leur propre initiative, qu’ils me tendent la main instinctivement, parce qu’ils sentent que j’en ai besoin… C’est pour ça que je me tais, la plupart du temps.

 

 

Je veux savoir si l’on m’accorde une quelconque importance, je veux savoir si j’existe.

Et parfois, la vie semble obstinée à me prouver cruellement le contraire. Je suis peut être trop fataliste, mais c’est ainsi que je le ressens.

Cependant aujourd’hui, je sens une différence dans mon état d’esprit. Peut-être mon excès d’humour noir et douteux a-t-il fini par faire s’envoler à tire d’aile mon amertume, mais quoi qu’il en soit, ce soir…

J’ai un grand besoin, ainsi qu’une immense envie, d’espérer.

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204  posté le mercredi 16 avril 2008 17:40

 

Lyra

 

Je m’éloigne de Jake avec un grand sourire après lui avoir souhaité une énième fois un joyeux anniversaire, auquel il répond avec un rire jovial.

Déjà fatiguée par la soirée qui n’a même pas encore dépassé la barre des une heure du matin, je m’avachis sur le canapé à côté de Clint, qui me lance un étrange regard blasé auquel je réagis vite fait bien fait.

 

- Quoi ? Je demande sur la défensive.

 

- Rien, rien, répond-t-il. Fais gaffe, dans pas longtemps tu me devras dix euros.

 

- Mais de quoi tu parles ? Je m’intrigue.

 

Il hausse les épaules et se met à ricaner. Je laisse tomber, bien peu apte à chercher à comprendre ses lubies passagères.

 

 

Je remarque que l’ensemble de la soirée est plutôt soft. Personne de réellement bourré à première vue, simplement quelques invités très joyeux. Peut-être Matthias sera-t-il le premier à atteindre l’étape du « je ne sais plus comment je m’appelle ni ou j’habite » vu la vitesse à laquelle il ingurgite les verres de vodka.

Mon regard se pose sur un couple provisoire et instable, deux blonds qui dansent, collés l’un à l’autre d’une manière particulièrement indécente. Du moins, c’est que pense mon cœur avec force.

 

 

Je crois qu’au fil des jours, je supporte Camilla de moins en moins. Non pas parce que je ressens des choses de plus en plus fortes pour son partenaire du moment chaque jour, mais parce que je me rends compte que cette fille a une nette tendance à jouer les saintes nitouches, ce qui m’exaspère au plus haut point. Sa gentillesse me semble parfois n’être qu’une façade hypocrite, servant à camoufler à la perfection sa véritable personnalité.

Peut-être suis-je paranoïaque, peut-être est-elle aussi innocente et douce qu’elle le paraît, mais cela me semble un peu extrême.

 

 

De plus, j’ai du mal à lui pardonner d’être aussi jolie…

Je la jalouse, sans doute d’une manière démesurée. J’aurais lieu d’envier sa relation avec Andreas si celui-ci semblait faire autre chose que jouer avec elle, pourtant, ce n’est pas le cas. Il s’amuse avec elle pour la rejeter ensuite, et moi, je suis assez stupide pour vouloir prendre la place de cette fille.

Je me renfrogne et ignore le regard moqueur de Clint qui pèse en cet instant sur moi. Il a bien compris quel genre de pensées me traverse en cet instant, cela va de soi. J’apprécie néanmoins ce soupçon d’élégance dont il fait preuve en s’abstenant de tout commentaire. Comme quoi, même lui est capable de bien se tenir.

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