195  posté le mercredi 16 avril 2008 15:50

 

Clint

 

- Bande de salopards égoïstes et cons comme leurs pieds !

 

Telles sont les paroles ma foi fort pacifiques et distinguées que je lance à Jake, Sheldon et Andreas. Deux d’entre eux me regardent avec un air surpris, tandis que le dernier, le blond, éclate de rire.

 

- Doucement Clint, tu vas exploser, me conseille-t-il d’un ton détaché.

 

Je le gratifie d’un regard de tortionnaire tandis que je fais tout pour éviter de poser mes yeux sur une brune. Une jolie brune. Une très jolie brune. Une connasse.

 

 

Celle-ci se tient en retrait, les mains jointes dans son dos. Au moins, je sais d’ores et déjà qu’Andreas me soutiendra dans ma haine, lui qui n’a jamais apprécié Emily.

Cependant, je leur en veux quand même atrocement. M’appeler pour les aider à préparer la soirée donnée en l’honneur de l’anniversaire de Jake, très bien. Joindre cette fille à nous, pas très bien. J’esquisse un geste vers la porte, immanquablement tenté par l’envie de sortir. Je m’arrête soudainement, et pose pleinement mon regard sur elle, son visage que je connais encore par cœur, son nez, sa bouche, et son corps que j’ai exploré d’une manière bien plus intense qu’avec n’importe qui d’autre. Donc je reste, cette fois immanquablement tenté par le diable.

 

 

Je m’arrache à cette contemplation prononcée pour inspecter la pièce d’un œil critique. Les canapés ont été reculés, la table basse aussi. Aucun grand changement à première vue, en fait.

 

- Vous aviez besoin de moi pour quoi ? Je demande, soudain pris de doute.

 

- Pour rien, se marre Andreas. On voulait juste de faire chier !

 

- Putain Andy, t’es pas fin ! Le réprimande immédiatement Sheldon dont la gêne évidente me rend encore plus furieux.

 

 

Mes poings se serrent alors que je me tourne à nouveau vers Emily, et cette fois, ce n’est pas pour admirer son petit cul. Je vois ses yeux s’agrandir sous la peur, et je me demande à quel point ma démence s’affiche en cet instant sur mon visage, mais après tout, je m’en fous comme de l’an quarante. J’en envie de cogner. Fort.

 

- C’est toi qui leur a demandé de m’appeler, hein ? je cingle d’une voix féroce.

 

Sa peur semble s’envoler. Elle se plante devant moi et me fixe d’un air que je ne peux supporter plus longtemps.

 

- Oui, avoue-t-elle d’une voix assurée.

 

 

Ma main par toute seule. Avant même que je ne m’en rende compte, elle porte une main à sa joue et m’assassine du regard. Une chose est sûre, elle n’a pas changé. Toujours aussi impulsive et caractérielle, je pense que si elle ne m’avait pas poignardé dans le dos en bonne traitresse, elle m’aurait frappé à son tour. J’en suis même sur.

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196  posté le mercredi 16 avril 2008 16:32

 

Andreas pousse un profond soupir et se dirige vers le canapé où il se laisse bien lourdement tomber. Il appuie ses avant bras sur ses cuisses, et nous contemple, elle et moi, cet éternel sourire pendu à ses lèvres comme s’il lui avait été sculpté, incrusté dans la peau.

 

- Bah quoi ? Accuse-t-il le coup en voyant des regards réprobateurs peser sur lui. Y a un conflit, je regarde ! Votre truc est tellement pathétique que ça bat les feux de l’amour et plus belle la vie réunis !

 

 

Personne ne répond rien. Après tout, c’est Andreas et s’il change, c’est en pire. Evidemment que notre histoire ne le préoccupe pas une seule seconde, qu’il s’en fiche comme de son premier stylo bique, et que pour lui nos disputes sont une simple distraction. Evidemment. Nous sommes tous habitués, et aujourd’hui, je n’ai pas envie de m’étendre sur ses faits et gestes. Gwen le fait déjà assez bien toute seule.

 

 

Et les secondes passent. Puis les minutes, les heures. Des personnes que je ne connais pas arrivent, d’autres plus familières. Bizarrement, tout ce soir prend une connotation irréelle. Parce qu’elle est là, tout près, si près… Je n’ai qu’à avancer pour la toucher. Cette gifle que je lui ai donnée est le premier contact physique que j’ai eu avec elle depuis son retour. Plus que quelques mètres et je sentirai à nouveaux sa peau douce sous mes doigts. Plus que quelques mètres…

Elle m’a abandonné.

Cette pensée me fige et me fait rester à ma place éloignée avant même qu’Emily n’ait pu s’apercevoir que j’ai esquissé le moindre mouvement.

 

 

Tout ça est vraiment trop injuste. La tentation ne devrait pas m’assaillir de la sorte, ce n’est pas normal. Je suis Clint Lawson, celui qui à réussi à s’imperméabiliser à tout sentiment trop poussé que peux lui procurer la gente féminine. Je ne devrais pas être tiraillé de la sorte. Ce n’est pas bien… Ce n’est pas normal… Ce n’est pas moi… Non, vraiment pas moi.

Elle me change, me métamorphose. Petit à petit je redeviens celui que j’étais avant. Celui qu’elle avait réussi à me faire devenir, celui qui lui avait ouvert son cœur, confié ses doutes et ses problèmes sans une once de méfiance. Je redeviens pitoyable en guidé par des sentiments que je veux repousser au fond de moi-même. Ils ont d’ailleurs bien trop ressurgi depuis le début de la soirée. Je m’arrache brusquement à la place que j’occupe près des escaliers que personne n’utilise pour rejoindre Tess, à qui je n’ai pas osé reparler depuis notre dispute. Je me serais peut-être dirigé vers Lyra si celle-ci ne s’était pas trouvée en pleine discussion avec Sheldon. Puis après tout, il est bien temps que je parle à sa sœur… Je tiens aux deux d’une manière parfaitement égale, même s’il m’est moins aisé, parfois, de parler avec Tess.

 

 

Cette dernière me voyant arriver m’adresse soudainement un bien large sourire qui me surprend et m’emplit de contentement. Je ne m’étais pas attendu à ce qu’elle m’accueille si bien, mais après tout, je ne men plains pas. Jeffer, avec elle parlait jusqu’alors, se retourne également, et affiche un air légèrement sceptique qu’il cache rapidement et avec habileté. Lui et moi n’avons jamais été ni particulièrement amis, ni particulièrement ennemis, mais il semble peu apprécier tout ce que je fais vis-à-vis de Tess.

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197  posté le mercredi 16 avril 2008 16:37

 

– Salut ! Me lance-t-elle, joyeuse.

 

Quelque chose en elle me semble très différent. Un je ne sais quoi, une expression moins assaillie par l’angoisse et le doute, peut-être. Elle me semble beaucoup plus affirmée, beaucoup plus femme. Et ne me fait toujours aucun effet. Je crois bien que j’aurais aimé tomber amoureux d’elle, car je la sais sincère. Elle aurait été là…

Mais elle n’est pas Emily, ce qui me semble plus ou moins problématique.

 

- Salut, je réponds avec un sourire.

 

 

Jeffer m’adresse un signe de tête gracieux que je lui rends sans plus attendre. J’ai beau ne pas le connaître vraiment, je dois avouer qu’il m’avait bluffé, lorsqu’il m’avait tenu tête. Je crois bien qu’il possède un don, un sixième sens qui lui permet de cerner les gens très rapidement et justement. Beaucoup de choses de ce qu’il m’a dit me restent en mémoire. Peut-être n’auront-elles jamais aucun impact, mais au moins, je les ai entendues et écoutées.

Je ne sais pas vraiment s’il est celui qui lui convient le plus, mais c’est un type bien. Sans doute le plus sain de nous tous, et peut-être bien le plus mûr. Celui qui ne cache pas derrière lui d’expérience spécialement traumatisante, mais qui ne prend pas forcément la vie à la légère. Je crois qu’au fond de moi, j’envie ce type que je connais à peine. J’envie sa simplicité et son intelligence.

 

 

- Tu danses ? Me propose alors Tess.

 

J’hésite quelques peu, cherche une quelconque indication de la démarche que j’ai à suivre dans le regard sage de Jeffer, qui semble me crier « t’es un grand garçon, fais comme tu le veux ».

Je me rends compte que je suis idiot. Quels que soient ses sentiments pour moi, elle reste l’une de meilleures amies, et nous restons entourés de monde. Je ne pense pas qu’elle se risque à tenter quelque chose, et puis de toute façon, elle est habituée, avec moi, et sait à quoi s’en tenir. Un regard vers Emily fait irrémédiablement pencher ma réponse vers le positif. J’adresse un large sourire à Tess et nous nous avançons vers les personnes que nous nous apprêtons à imiter.

 

 

Elle se place devant moi et se met à gesticuler d’une manière un million de fois plus gracieuse que Camilla, qui elle semble maître dans l’art du « je danse n’importe comment » avec Andreas, qui lui le fait exprès. Nous connaissons tous ses réels talents de danseur.

 

- Je t’ai dit que je ne savais absolument pas danser ? Je préviens mon amie avec un sourire en coin.

 

Celle-ci se met à pouffer.

 

- Je te pardonne, va ! Lance-t-elle joyeusement.

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198  posté le mercredi 16 avril 2008 16:47

 

il y a quelque chose que je ne peux m’empêcher de faire. Lancer des regards furtifs vers la gauche. Lorsque j’aperçois Emily et Matthias danser ensemble, mon estomac n’est plus.

Un sentiment que je n’ai jusqu’alors jamais éprouvé, mais pourtant bien facilement identifiable, se promène le long de mon corps pour ensuite aller jouer avec mes entrailles. Je suis assailli d’une brusque envie de cogner, pour la deuxième fois. Et j’ai beau savoir que Matt est fou amoureux de Kendall, qu’il n’a jamais été attiré par les femmes, je rêve de l’écarter d’elle. Elle rit. Ce qu’elle ne fait pas avec moi. Elle rit avec lui, qu’elle connaît si peu, alors que depuis le début j’ai été incapable de lui arracher le moindre signe de bonheur.

 

 

Un désespoir cuisant s’abat alors sur moi, sans prévenir, et mes yeux me piquent. Pourquoi est-elle partie ? Pourquoi est-elle revenue ? Pourquoi ne parvenons-nous pas à nous parler ? Suis-je le seul à me mettre en travers de toute possible explication ?

Je sais qu’elle m’aime… Et moi ? Suis-je aussi étranger à l’amour que je me plais à le prétendre ? Suis-je vraiment resté imperméable à ce sentiment comme je le pense depuis si longtemps ?

Avant, j’avais besoin d’elle, de sa présence. Lorsqu’elle était là, tout se calmait subitement. Lorsqu’elle me parlait, lorsqu’elle riait, j’allais bien, et dès qu’elle s’éloignait, je pensais à elle jusqu’à son retour.

La réalité me frappa aussi brusquement qu’un coup de poignard en plein cœur. Je crois bien que j’ai été amoureux. Et pire encore…

Je crois bien que je le suis toujours.

 

 

Un contact physique me ramène à la réalité. Tess est collée à moi d’une manière pire que provocante. Elle fait onduler son corps, sensuelle et féminine. Cette bouffée de chaleur qui m’envahit n’est rien d’autre que le résultat d’une pulsion masculine tout à fait compréhensible. Je dois reconnaître qu’il ne nous en faut pas beaucoup ; une jeune femme magnifique, extrêmement bien foutue, et l’on se transforme bien vite en larve rampante. Elle lève vers moi un regard langoureux qui me fait l’effet d’un électrochoc.

 

- Que… Qu’est-ce que tu fais ? Je balbutie tout en m’éloignant.

 

- Reste… Me murmure-t-elle en avançant vers moi.

 

 

- Non… Arrête Tess… Arrête ça… Je t’aime mais pas de cette manière. Arrête, je ne ressens rien pour toi !

 

Elle ne renonce pas et continue de se rapproche encore et encore. Je la trouve tellement changée que j’ai du mal à la reconnaître. Avant, elle aurait baissé les yeux, emplie d’une douleur visible sur ses traits. Non pas que je souhaite qu’il en soit de même, mais c’est étrange… Comme si elle s’était métamorphosée en une autre femme, une autre personne…

Une main ferme lui attrape alors le bras et la tire en arrière. Tess cligne des yeux, un peu perdue, et à l’expression ahurie qu’elle affiche à présent, je devine qu’elle n’était pas totalement elle-même.

 

- Viens là, lance Jeffer d’un ton cassant, tu t’es assez ridiculisée pour aujourd’hui.

 

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199  posté le mercredi 16 avril 2008 16:53

 

Je les regarde s’éloigner, tremblant. Décidément, ce n’est pas ma soirée. Je regrette soudain amèrement d’être venu.

Je regrette parce que je me vois assailli de pensées qui n’auraient pas du avoir lieu d’être, et c’est sans doute l’une des choses les plus dures à accepter. Je n’ai pas envie d’aimer, et je le fais malgré moi. Je n’ai pas envie de l’aimer elle, et c’est bien la seule qui ai jamais bénéficié de ce sentiment de ma part. La vie est mal faite. Ma vie est mal faite. Et je suis bien fatigué le tenter de la modeler à ma façon.

Qu’elle prenne le chemin qui lui convienne, puisque je ne suis apparemment pas foutu de la contrôler.

 

( First guest de la soirée Calas, de x-moon, pour ceux qui ne me suivaient pas sur sky Propriété privée de C'ian )

 

M’éloignant de cette pseudo piste de danse, je m’assieds sur le canapé le plus proche, là où Jake ainsi qu’un ami à lui semblent en grande discussion.

 

- Fatigué ? Raille gentiment le héros de la fête.

 

- Non, je réponds, peu enclin à lui sortir l’habituel et élégant « ta gueule ». Bon anniversaire, au fait.

 

Jake me remercie par un sourire alors qu’il me présente rapidement l’homme qui lui tient compagnie. Un certain Calas.

 

( Second guest de la soirée, Tyler de Never Again Raah je meurs ! Prière de ne pas trop baver sur cette photo regroupant ces deux sex symbols )

 

A cet instant entre dans la pièce un jeune homme très brun, au teint pâle. Deux filles qui jusqu’alors se tenaient un peu en retrait s’éveillent soudain. Le brun est suivi d’Andreas.

 

- Oh My God ! S’exclame alors la blonde. Miza, Oh my god ! C’est Tyler ! TYTYYYYY ! Youhooo Tytyyyy !!

 

- Haaaaaaaaaan c’est Andy ! Andyyy je suis là ! S’exclame la dénommée Miza. Mon Dieu Gwen il est trop magnifique c’est pas possible ! J’ai jamais vu un pixel aussi sex de ma vie !

 

( Third guest de la soirée... Miza et moi... en groupies, qui plus est Prière de ne PAS SE MOQUER )

 

- Raaah non mais tu dis Nawak mamie, c’est Tyler le best ! TYTY quoi !

 

- Obsédée !

 

- Haaan que nenni !

 

- Que pas nenni !!

 

- TROP QUE NON !

 

- TROP QUE SI !

 

Les deux jeunes femmes se donnent en spectacle, tandis que le brun du nom de Tyler regarde Gwen d’un air complètement ahuri. Je n’ai jamais vu ce type, et peu m’importe bien d’où il sort. Sans doute un ami de Jake ou quelque chose comme ça.

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