
Nous continuons de parler en évitant de mentionner le jeune blond, lorsque ce dernier arrive dehors. Il tient par la main sa petite sœur qu’il fait avancer vers nous.
- J’ai encore un petit truc à régler avec Will, lance-t-il. Lyra, tu peux la garder s’te plaît ?
La petite se dirige vers moi, et je regarde le jeune homme un peu interloquée. Il paraît très détendu, pour quelqu’un qui vient de converser avec son frère qu’il hait.
- Euh… Oui, oui, bien sûr, je peux… Tu vas où ? Je demande alors, le voyant se diriger a gauche, alors que Will l’attends du côté droit.

Andreas se retourne vers moi avec un sourire en coin à la fois craquant et fortement déplaisant. Une lueur horriblement moqueuse prend possession de ses iris d’un noir toujours aussi profond alors qu’il croise les bras.
- Je vais jouer à l’infirmière, plaisante-t-il d’un ton désinvolte.
La compréhension se peint sur mon visage après quelques secondes. Il vient de dire cela d’une façon si commune et sans la moindre envie de le cacher qu’il me faut un certain temps pour assimiler ses propos. Il nous provoque comme un adolescent. Il exhibe son addiction comme une fierté à certains moments, alors qu’il la cache, assailli par la honte, à d’autres. Tout ne tourne qu’autour d’une chose ; la réaction que son attitude engendrera chez nous. Sans doute parce qu’il appelle à l’aide indirectement, mais que nous ne sommes pas assez fins pour le remarquer… Ou plutôt, mais ne pouvant absolument rien faire, nous jouons les aveugles et les sourds. Dans les deux cas, cela reste pathétique.

- T’es vraiment con, je lance d’un ton venimeux. Tu crois que tu vas tout régler comme ça ? C’est lamentable, Andreas !
Son air narquois disparait pour laisser place à une expression profondément blasée, morne et exaspérée. Il soupire sans retenue.
- Tu me blesses beaucoup, Lyra, tu le sais ? Fait-il.
- Je sais bien que tu t’en fous complètement, merci ! Seulement…
- Seulement, il est temps que tu te la fermes, ma belle, plaisante-t-il à nouveau avant de me laisser seule avec Jake et Cloe.
Humiliée, je leur tourne à moitié le dos, et fixe mes yeux avec obstination sur la poubelle non loin de nous. Mine de rien, ces objets peuvent parfois se révéler captivant…


































