
Je prends une profonde inspiration, et hume l’air frais de cette belle soirée. Aujourd’hui, un élan d’optimisme s’empare de moi. Déjà quatre mois que je suis revenue.
Et depuis trois semaines, je ne peux pas ignorer les nettes améliorations qui se sont faites. Notamment l’évolution de ma relation avec mon cher colocataire roux du nom de Clint. Lui que je pensais détester jusqu’à la fin, nous devenons de plus en plus amis de jour en jour. Je ne m’en plains pas ; il est exactement comme moi. Nos mentalités sont tellement proches que parfois, les accrochages sont inévitables, cependant nous nous comprenons.

Petit à petit, je le sens devenir un ami, un vrai. Un homme avec qui j’entretiens des liens sans aucune ambigüité, sur qui je peux compter, bien que je ne me confie pas vraiment. Nous sommes tous deux trop fiers et trop stupides pour nous confesser. Peut-être cela viendra-t-il avec le temps…
Une amitié pure et simple, voilà ce dont j’ai le plus besoin. Et heureusement que Clint et Jake sont là pour me l’apporter. Car ce n’est pas avec Andreas que je risque de la trouver.
Trois semaines ont passé depuis son accident, qui ne l’a pas traumatisé le moins du monde. Il est resté deux ou trois jours chez Kendall de peur d’être trop vite rattrapé par l’hôpital où il était censé rester, puis était retourné vivre tranquillement dans sa maison qu’il partageait avec Jake et Matthias, pour reprendre ses bonnes vieilles habitudes avec son amie l’Héroïne…
Sa façon d’agir à la légère me sidère grandement. Je n’ai jamais vu quelqu’un négliger à ce point sa propre santé, c’en devient même effrayant. Il n’aime pas la vie, c’est quelque chose qu’il fait comprendre au premier regard.

Andreas. Je veux découvrir son secret. Je sens qu’il en a un, un lourd qu’il ne peut supporter. Mais également, je veux me détacher de lui. J’ai vainement essayé de l’éviter pendant trois jours, juste lorsqu’il s’était barré de l’hôpital…
Comment expliquer que j’ai lamentablement échoué ? Nous passons trop de temps ensemble, beaucoup trop. Parfois seuls, parfois entourés, mais nous sommes ensembles. Et le pire, c’est que je sais qu’il s’en fiche royalement. Je ne me fais aucune illusion.
Je me déteste, mais je n’y peux rien. Je suis irrévocablement attirée par lui comme un aimant. Attirée par sa beauté, par son côté mystérieux, sauvage et intouchable, attirée par sa souffrance.
Ce type respire le mal-être, en même temps qu’il respire l’indifférence. Il n’y a pas de mots pour qualifier cette impression qu’il donne, c’est unique.
Stupidement captivée par un homme à l’intelligence absolument incroyable. Est-ce vraiment moi ? Il faut croire que oui.
Et voilà, une fois de plus, je ne peux m’empêcher de penser à lui. J’ai peur. Peur de devenir dépendante et de voir mes illusions brisées. Et je parle bien uniquement de la dépendance, pas de l’amour.

Amoureuse, c’est quelque chose que je n’ai risqué qu’une seule fois dans ma vie, et que jamais je ne tenterai à nouveau. Même si je le voulais, ce serait impossible. Une carapace métallique s’est formée autour de mon cœur à la manière d’un bouclier. Toute émotion s’approchant de ce sentiment destructeur en est chassé sans pitié.
J’ai donc peur de la dépendance.
Je le suis déjà. C’est une réalité. Une journée passée sans lui me parait presque une journée inutile. C’est un besoin physique dont je veux me défaire.
Me défaire avant qu’il ne soit trop tard. Avant d’avoir mal, trop mal…
Tu causeras ma perte Andreas…















































