75  posté le jeudi 21 février 2008 23:30

 

Le jeune homme blond braque alors sur moi le premier regard depuis que je lui sois malencontreusement rentrée dedans.

Il plante ses iris d’un noir intriguant dans les miennes, et je tente de détourner le regard, gênée, sans y parvenir. J’ai l’impression qu’un fil incassable nous relit, lui et moi, en cet instant précis.

Puis, aussi négligemment qu’il avait orienté son visage en ma direction, il tourne la tête de nouveau, et prend part dans la conversation qui s’anime petit à petit entre Jake et Victoria.

Troublée, je me sens tremblante. Et je sais que ce n’est pas dû à un quelconque émoi.

 

Il me fait peur, terriblement peur. Et je ne comprends pas pourquoi.

Peut-être parce qu’il me rappelle quelqu’un que je voudrais oublier par-dessus tout…

Non, ce n’est pas possible. Il ne lui ressemble pas. L’un était aussi blond que l’autre était brun. Ca ne collait pas…

Et pourtant…

Quelque chose dans sa froideur angélique me le rappelle. Indéniablement. Irrévocablement.

Mais ses yeux ne disent pas la même chose. Leur expression est intrigante, mais sincère.

J’ai l’impression de pouvoir lui faire confiance. Et je m’y refuse.

Tout d’un coup, je sais. Je sais ce qu’il va se passer.

Je vais essayer de me persuader que mon cauchemar personnel n’était qu’un rêve, à travers leur ressemblance que seule moi peux voir. Je vais me créer un monde d’illusion, dans lequel j’aspirerai à un bonheur illusoire. Et lorsque ma bulle éclatera, car cela arrivera, et que je serai montée plus haut que possible, tout en moi se brisera d’une manière définitive.

 

Je laisse exceptionnellement le pire de mes souvenirs envahir ma mémoire.

3 Septembre 1996, quelques heures avant que je n’apprenne le funeste sort de ma mère.

 

- Tout ça, c’est de ta faute, Tess, je murmure imperceptiblement.

 

Je n’ai pas remarqué que depuis quelques secondes, mon expression crispée avait provoqué le silence, et que toute l’attention était reportée vers moi. Tess blêmit.

Je me lève, humiliée et furieuse, et entame quelques pas vers la chambre.

Mais soudainement, mes jambes tremblent sous mon poids. « Non » est le seul mot pourvu de sens qui me traverse l’esprit avant que je sois incapable de réfléchir.

 

Je m’effondre sur le sol, et j’entends des pas précipités accourir.

Des bras puissants me soulèvent du sol.

Des bras puissants et glaciaux.

C’eux d’Andreas… Les siens.

Qui est qui ? Je ne suis même plus en mesure de le dire.

______________________________________________________________________________

 

Muhahahhahaha

 

Je crois que j'ai jamais écrit des articles aussi longs x) Y a mions de pages, mais autant de texte que les autres fois, voir plus

Bref, j'espère que vous avez aimé cette màj !

Moi jla kiffouille déjà parce qu'il y a Andreas  et Jake  ( Jake = Propriété privée de Mizanam, désolée les meufs gniark gniark )

Et puis encore une fois Lyra pense à quelqu'un mystérieuuux hahah

J'surkiffe le mystère x)

Bon, j'espère que vous avez remarqué la présence de Sonny, en exclusivité mesdames et messieurs x)

Il a ressucité dans ST xD

Merci à ma Miza d'amour de me l'avoir prêté, j'espère que t'as bien eu un ptit coup de blues par rapport a Remain x)

Puis, c'est donnant donnant avec Wade

Je t'aime

Ma prochaine màj eeeuh.... Je sais pas quand fufufu je suis en vacances la techniquement demain soir mais en fait moi c'est ce soir, je pense que je publierai comme je pourrais la première semaine, mais durant la deuxième je ne pourrais pas, enfin, je vous tiendrai un peu plus au courant xD Je pense que si je publie pendant la deuxième semaine, ce sera genre le week end juste avant la rentrée, un truc comme ça

 

Je vous aime

 

Gwen

 

 

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76  posté le lundi 25 février 2008 19:54

 

Lyra

 

J’entends des bruits indistincts autour de moi. Certains plus définissables que d’autres. Des bruits de pas, des claquements de portes.

Le reste demeure encerclé d’un brouillard trop épais pour que je puisse y voir quelque chose.

Des voix me parviennent, peut être me parlent elles, pourtant je ne saisis pas un traitre mot de leur signification. Je suis même incapable de dire qui parle.

J’entrouvre ma bouche pâteuse, au même moment que mes paupières. Des ombres se dessinent devant moi, et les contours ne se font pas plus clairs au fil des minutes.

Je referme les yeux, incapable de lutter. Je ne sais pas ce qui m’arrive, et ne cherche pas à l’apprendre. Je laisse le temps passer, et tente de me rendormir.

On dit qu’avec le sommeil, les problèmes disparaissent.

Cependant, une légère pression sur mon épaule m’empêche de fuir par le biais de mes pensées. C’est une main tiède et réconfortante, bien qu’il ne me semble pas la reconnaître.

Je ne bronche pas, et j’attends. J’attends sagement de me faire guider, qu’on me dise d’ouvrir les yeux ou de rester allongée. Mais aucune parole ne vient. Aucun ordre, du moins.

 

 

- Lyra ? M’interroge une fois à peine familière.

 

J’émets un grognement affirmatif. Je me sens soudain ridicule, tandis que mes pensées se clarifient.

 

- Qui c’est ? Je demande grossièrement, tentant une nouvelle fois de soulever les paupières.

 

Un rire doux résonna dans la salle. Je n’arrivais pas à mettre un visage à cette sonorité.

 

- C’est Jake, me répond-t-il. L’un des amis de ton frère.

 

Jake… Oui Jake. L’un des invités d’hier soir se nommait ainsi. Hier soir, vraiment ? J’ai l’impression que tout s’est passé un milliard d’années auparavant.

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77  posté le lundi 25 février 2008 20:25

 

– Bouge pas, lance-t-il en riant, tandis que je me redresse et suis prise d’un léger vertige qui me force à me rasseoir sur mon lit.

 

Il me fait m’allonger doucement, et place un oreiller sous ma tête. J’ai l’impression qu’il prend soin d’un bébé en porcelaine, tant il est précautionneux. Cela m’exaspère au plus haut point, mais je suis trop épuisée pour dire quoi que ce soit.

Il fait un ou deux pas en arrière, et croise les bras. 

 

- T’as toujours eu une santé fragile, d’après ton frère et sa sœur, lance-t-il soudainement, et tu traduis tes émotions par des réactions physiques très fortes. Il faut que tu fasses attention à toi et tes sautes d’humeur. Ca peut engendrer des réactions trop importantes pour que ton corps puisse le supporter.

 

Je le dévisage, levant un sourcil. Pourquoi me dit-il cela ? Est-ce son problème ? Non, il ne me semble pas.

 

- Je croyais que t’étais chanteur à la base, pas médecin, je le remballe, presque pleinement maîtresse de mes pensées.

 

Il émet un léger sourire en coin, et lève les yeux au ciel, presque amusé.

 

- J’étais infirmier, à la base.

 

- La musique et les sciences, ça fait pas bon ménage, je rétorque, obstinée à le remballer.

 

 

 

Je ne sais pas ce qu’il m’arrive, mais je ressens le besoin insatiable d’envoyer quelqu’un promener. Le pauvre Jake étant le premier qui à le malheur de croiser mon chemin, c’est sur lui que je m’acharne. Cependant, sa réaction me surprend.

Au lieu de me cracher au visage que je ne suis qu’une vieille peau aigrie, il sourit inlassablement, et répond ;

 

- Toi, je sens que tu ne t’es pas reposée pendant bien longtemps pour être autant sur les nerfs !

 

J’apprécie sa manière d’accepter ma mauvaise humeur. Il est le seul qui ne porte pas un constant masque de froideur à en rire. Alors je me détends immédiatement. Je souris, même.

Je crois, non, je suis sûre, que je viens de faire la plus positive de mes rencontres depuis mon arrivée.

 

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78  posté le lundi 25 février 2008 20:43

 

Je décide de suivre ses conseils et de rester allongée encore quelques minutes. Si mon esprit est à présent parfaitement clair, mes muscles tremblent encore. Oui, j’ai toujours eu une santé fragile.

Depuis que je suis enfant. Je ne compte plus le nombre de fois ou ma mère me prenait sur ses genoux durant des heures entières pour m’aider à supporter mes nombreuses maladies, toujours amplifiées par mon manque de défenses.

Une histoire reste gravée dans ma mémoire, depuis que je suis toute petite. Je me souviens de moi à huit ans, dans un lit d’hôpital, faible, bien trop faible pour mon âge.

J’entends encore mon père raconter au docteur l’anecdote de ma naissance d’une voix blanche.

Cette fois ou j’ai failli naître et mourir le même jour. Je n’aurais pas dû vivre, j’étais vouée à trépasser, les médecins l’avaient prédits durant l’accouchement, tandis que Tess, la première de nous deux à avoir vu le jour, se portait comme une charme. Elle avait toujours jalousé cette attention que me portait ma mère.

Si seulement j’avais pu trouver un moyen de lui dire que j’aurais échangé ma place avec elle n’importe quand…

 

 

- Tu veux voir ton Kendall ou Tess ? Me propose le brun.

 

- Non ! Je réponds immédiatement, comme si je n’avais pas été assaillie de souvenirs à peine quelques fractions de secondes auparavant. Surtout pas Tess, j’ajoute, plus bas.

 

Il a entendu, mais ne relève pas, et je l’en remercie. Un flash me revient alors. Je me souviens de l’emprise de bras puissants autour de moi, me déposant d’un geste mécanique sur le lit, d’un visage somptueux encadré de mèches blondes pâles.

 

- Andreas est partit ? Je demande sans réfléchir.

 

Jake hoche la tête.

 

 

- Allé se chercher une nouvelle guitare, au magasin de Victoria. Il est resté pour te surveiller jusqu’à deux heures du matin. Il était médecin, aussi, avant, précise-t-il comme pour justifier cet acharnement.

 

- Je me rappelle que c’est lui qui m’a portée, je me cherche une excuse à mon tour, je voulais le remercier.

 

Jake émet un sourire emprunt d’une amertume dont les plus subtiles motivations m’échappent encore.

 

- pas besoin de remercier Andreas, m’intime-t-il. Il va te rire au nez et te dire de ne pas croire qu’il a fait ça parce qu’il était inquiet, ce qui est par ailleurs, parfaitement vrai. C’est juste une sorte d’instinct pour lui d’apporter de l’aide.

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79  posté le lundi 25 février 2008 21:00

 

Je suis interloquée par la façon dont Jake renforce l’image d’insensible que dégage le blond. Si mes souvenirs sont bons, ils sont meilleurs amis.

Et apparemment, ça n’empêche pas mon interlocuteur de descendre Andreas dans son dos.

Je souris. Et on ose dire que les femmes sont hypocrites ? Quoi que… Peut-être les deux hommes ont l’habitude de se balancer leur quatre vérités fréquemment, et ressentent le besoin de faire partager leur point de vue aux autres, je n’en sais rien.

Je me lève.

 

- Je te laisse t’habiller, acquiesce-t-il à ma requête silencieuse.

 

 

Il sort, et je reste là, les bras ballants le long du corps quelques instants. Parler d’Andreas me rappelle ce sentiment effrayant de déjà vu que j’avais éprouvé en entendant sa voix.

Je n’ai pas compris sur le coup, et je ne comprends toujours pas.

Cela me semble impossible que je l’ai déjà rencontré, par le passé.

Une beauté si spéciale accompagnée de cette froideur déjà légendaire à mes yeux ne s’oublie pas. C’est une rencontre qui marque à vie, j’en suis persuadée.

Il faut que j’arrête mes délires de paranoïa.

Mais une chose est sûre, il m’effraie. Je trouve sa manière de se comporter comme si tout n’était qu’un jeu inquiétante.

Car quelqu’un que rien ne touche ne s’impose pas de limites. Et ce sont le genre de personnes que rien ne peut arrêter.

 

 

J’ai été confrontée à ce type d’individus une seule fois dans ma vie, et c’est une expérience que je souhaite de tout cœur ne jamais renouveler.

Mais il lui ressemble, mon Dieu, qu’est-ce qu’il lui ressemble…

Il porte cette même insensibilité constante sur son visage que je n’ai pourtant aperçu que l’espace d’une soirée. Cependant, Andreas semble détruit, quelque part.

Je tente de le chasser de mon esprit. Je ne dois pas me laisser déstabiliser par cette similitude qui n’est évidente qu’à mes yeux. Même si au fond de moi, je sais bien qu’il est trop tard. Il m’obsède déjà d’une façon démesurée.

Peut-être avec le temps, parviendrai-je à faire la différence, et à me détacher…

Peut-être.

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