55  posté le samedi 16 février 2008 18:49

 

Sheldon s’en va finalement, après deux heures de discussion inutile mais réconfortante. Je lui demande de transmettre le bonjour à Andreas qui se trouvera sûrement en compagnie de Lindsay lorsqu’il arrivera chez lui.

Pourquoi est-ce que malgré leur état partagé entre le désespoir et l’envie de continuer, tout semble leur réussir ? Sheldon file le parfait amour avec une fille magnifique et intelligente, vient d’obtenir son premier contrat de travail alors qu’il suit encore des études à la fac.

Andreas enchaîne filles sur filles, mais travaille depuis un an comme ingénieur informatique, et son groupe de musique menace de monter bientôt en tête d’affiche. Kendall a une sœur que j’aimerais avoir, une copine, et poursuis des études brillantes.

J’ai l’impression que tous leurs parcours si parfaits ne servent qu’à me forcer à me remettre en doute. Est-ce que c’est moi qui me freine, qui me barre la route du bonheur ?

 

 

Si c’est le cas, je n’en ai pas vraiment l’impression. Après tout, je ne me laisse pas aller. Moi aussi, je suis des études. Oui, mais des études dont je ne sais pas à quoi elles me serviront, une fois diplômé.

Ma vie semble n’être qu’un immense tourbillon de rêves détruits, mais qui s’accrochent tout de même à des rafales de vent violents. Je ne sais pas où je vais, je ne l’ai jamais su.

Il serait peut-être temps de m’en soucier. Il serait peut-être temps de me réveiller.

Je ne suis qu’une pauvre larve misérable, murée dans une carapace apathique car elle sait que c’est la seule solution pour ne pas souffrir.

Et le pire, c’est que ça marche…

On s’y attache…

On se surprend à vouloir devenir un zombie, rien que pour ne plus rien ressentir, ne plus avoir mal.

Et lorsqu’on prend conscience de notre dépendance, il est déjà trop tard.

C’est une drogue légale, mais tout aussi destructrice.

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56  posté le samedi 16 février 2008 18:54

 

Lyra

 

Je repasse encore une fois le pas de la porte, presque en douce. J’ai l’impression d’être une voleuse qui fait de son mieux pour ne pas être repérée. Il est environ dix heures, et j’ai encore traîné sans but toute la journée. Plus j’y pense, moins j’arrive à cerner les raisons de mon retour vers ma sœur. Au début, celles-ci semblaient être claires, net et précises ; fuir, et lui faire payer.

Je pensais qu’en étant obligée de me côtoyer tous les jours, sa culpabilité reprendrait le dessus, que ce serait à son tour de voir son âme se déchirer petit à petit.

Aujourd’hui, je ne sais plus. La voir aussi perturbée ne me satisfait pas comme je l’aurais pensé. Je ne ressens aucune joie, aucune délectation. J’ai simplement l’impression de souffrir en même temps qu’elle, ce qui n’était pas du tout mon but initial.

 

 

Mais de toute façon, j’avais été dans l’obligation de partir. J’ai enfin quitté cette vie dans laquelle je me suis enfoncée, et je m’en suis allée aussi loin que j’ai pu.

J’espère surtout que l’on ne me retrouvera pas. Que l’on ne nous retrouvera pas. Ni moi, ni lui. Sa tête se dessine alors dans mon esprit, et mon cœur se fend en deux. Je perds mon masque de froideur, à présent vulnérable à en crever.

J’ai peur du sort qui l’attend, peur qu’il n’ait à affronter un funeste destin par ma faute. Mais nous n’avions pas eu le choix. Si je nous avions continué ensemble, ça se serait révélé beaucoup trop dangereux pour lui.

Seulement sans lui près de moi, sans mon soleil personnel pour égayer ma vie avec son sourire si merveilleux, le piège semble se refermer sur moi, comme une toile d’araignée sur une vulgaire mouche.

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57  posté le samedi 16 février 2008 19:02

 

Je m’endors doucement, une nouvelle fois assaillie de pensées morbides. J’ai l’impression que c’est le cas de tout le monde, par ici. Je n’en peux plus, je veux remédier à ça.

Le désespoir est trop pesant, trop insupportable pour continuer à vivre.

Et pourtant, c’est bien mon intention.

Demain est un autre jour. Les contours d’une issue de secours se dessineront sans doute.

Et à ce moment là, il me faudra les reconnaître. Je suis déterminée à me saisir de toute opportunité, quitte à paraître irréfléchie.

Je suis fatiguée de seulement exister. Je veux vivre, et ressentir pleinement les choses, comme avant.

 

 

Je lance un regard vers Tess, et un flot de rancœur s’empare de moi. Ce ne sera pas facile. Mais j’essayerai. J’essayerai de ravaler mon orgueil et ma colère.

Je tente de me persuader que je fais ça uniquement parce que nos liens de jumelles font que tout ce qui lui fait du mal me détruit également.

Mais au fond, oui, tout au fond de moi, je sais que je mens.

Je veux que tout s’améliore, parce qu’en dépit de tout ce qui avait pu se passer, en dépit des horreurs que j’avais subies à cause d’elle…

Je crois que je l’aime quand même, cette salope.

Je l’aime… Contre ma volonté.

La douleur que j'avais soupçonnée de rester enfouie quelque part en moi décide de se réveiller. Les vagues tumultueuses de mon ouragan intérieur se soulèvent soudainement dans un rugissement effrayant, et m'engloutissent dans un tourbillon de souffrance.

Je commence le payement de tout le mal que j'ai pu engendrer.

_________________________________________________________

 A suivre Muhahahahahahahahaha

 

Aloooors vos réactions ? Quoi ?? C'était méga géniale trop sublimement bien ? * Reçois des tomates et autres substences peur agréables *

Rooooo ça va si on peut plus rire, non mais !  fufufu

Bon plus sérieusement, j'espère que le début de cette histoire vous plait, et que vous n'êtes pas déçus ^^

Petite précision, le "il" dobnt parle Lyra on ne sait pas (enfin vous ne savez pas fufufu) qui c'est hein x) Bah oui parce que j'en connais certains qui vont se dire * eeeuh gwen tu nous a foutu quoi la --'' * xD

Brefouuuuuuiille, je ne sais pas quand je publierai la suite, de toute façon, vous recevrais la newsletter fufufu

Mais juste un petit mot :

Miza je te promet que tu si publies pas la suite de NA ce week end, mais je te juuuuuure que tu vas attendre l'épisode 4 trèèèèès longtemps nah!

Donc voilà, si l'épisode 4 se fait attendre, c'est pas moi qu'il faut tuer, c'est Mizanaaaaaaam muhahaha

Quewaaa ?? Nooon je ne suis pas du tout du genre a balancer mes amies pourquoi vous dites ça ? héhéééé

BREEEEEEF xD

 

Bisouuuus a tous, à bientôt pour la suite

 

Gwen

 

ps : désolée pour ceux qui ont été prévenus 32 milliard de fois, ça a buggé je sais pas ce qu'il s'est passé Oo Désolée fufufu XD Bisouuus

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58  posté le jeudi 21 février 2008 19:37

 Kendall

 ber

Cette fois, c’est sûr et certain ; aussi indispensables soient-elles à ma vie, mes deux sœurs peuvent se révéler être de vraies plaies.

Je réécoute pour une troisième fois le message presque névrosé que m’a laissé Clint, dans lequel il me supplie de lui dire comment il est possible de les arrêter de s’engueuler.

En bruit de fond, il me semble entendre la voix si douce et mélodieuse de Lyra lorsqu’elle s’énerve contre le monde entier.

Je repose le téléphone sur son socle, avant de soupirer bruyamment.

Avec la force de deux tornades ambulantes, elles foutent le bordel partout où elles passent, lorsqu’elles sont ensembles.

Je m’engage dans les escaliers que je monte d’un pas lourd.

ber

 ber

Au début, seule Lyra éprouvait du ressentiment. Je sais que ce n’est pas à cause du suicide de notre mère. Elle l’a admit elle-même, c’est quelque chose d’autre.

Mais petit à petit, Tess aussi s’est mise à la rejeter, épuisée de vivre dans la culpabilité et une constante justification de ses actes.

Quand Lyra est partie, tout commençait à redevenir calme, en apparence.

Elle est de retour. La tempête jusqu’alors endormie se réveille et est prête à frapper avec plus de force que jamais.

Mais comment lui en vouloir ? Je ne peux pas, et même, je ne dois pas prendre partit.

Elles sont toutes deux à blâmer, autant qu’elles le sont à plaindre.

Leur haine mutuelle m’à également atteint, bien que je ne l’ai jamais montré. Si nous nous laissions tous emporter par l’impuissance, que serait le monde aujourd’hui ?

Non, j’ai fait face, sans doute plus que nécessaire. J’ai laissé mon père devenir la copie conforme de sa défunte épouse, se bourrant de cachets à en crever.

Je me suis occupé de l’enterrement de ma mère.

J’ai endossé en même temps que Tess un énorme sentiment de culpabilité qui n’aurait jamais dû être mien, et j’ai éprouvé une rancœur incommensurable à l’image de Lyra.

J’ai tout fait, tout assumé, seul. Et aujourd’hui encore, c’est à moi de recoller les morceaux.

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59  posté le jeudi 21 février 2008 19:43

 

J‘arrive à l‘étage supérieur, las, chassant la stupidité de mes sœurs loin de mon esprit pour le temps de repos qui m’était donné.

Qu’elles aillent au diable, qu’elles cessent de compter sur moi à chaque seconde de leur existence ! Lyra devient une vieille peau aigrie, Tess une pleurnicharde.

Et si elles continuent ainsi, elles peuvent être sûres que j’interviendrai. Mais pas dans le bon sens du terme. Je leur ferai réaliser leur ô combien stupide attitude, ne serait-ce que pour qu’elles reprennent pieds. Je refuse de les laisser sombrer sans rien faire.

 

- Kendall Gray, ou l’homme qui ne savait rien enfiler d’autre qu’un calbute ! Raille une voix glacée en face de moi.

 

 

Je lève les yeux, surpris, ne m’étant pas attendu à la visite de cette personne. Un type très blond est assis derrière la batterie, place qu’occupe Drake, d’ordinaire. Ses iris noirs contrastent étrangement avec sa peau d’une pâleur surprenante.

Il est assis d’une façon laxiste et décontractée, pas très loin de moi, et pourtant, j’ai l’impression que des milliers de kilomètres nous séparent, tant la froideur qu’il émané semble créer un bouclier autour de lui.

Je lis dans ses yeux une expression méfiante très récurrente chez lui.

 

- Ta gueule, Andreas, je rétorque avec un demi-sourire. Je suis chez moi. D’ailleurs, qu’est-ce que tu branles ici ?

 

- Ton élégance m’impressionnera toujours, se moque mon ami avec une expression légèrement plus encourageante.

 

- Un vrai poète, je renchéris. Bref, tu ne réponds pas à ma question.

 

Andreas hausse les épaules, et frappe l’une des cymbales d’un geste de main désinvolte. Le bruit étouffé se répercute en écho quelques secondes dans la pièce.

 

- J’étais venu pour répéter avec Drake, mais il se trouve que Jake et Sonny peuvent se libérer, finalement, donc on va aller au studio.

 

 

Encore et toujours son groupe. Tant mieux pour lui.

N’empêche, c’est parfois un peu effrayant. Il semble se murer dans les mélodies qu’il compose, se dédoubler dans les paroles qu’il trace sans efforts sur le papier. Ce type met toute sa souffrance dans ses textes, toute son envie d’en démordre dans sa musique.

Je ne le comprends qu’à moitié.

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